La profession infirmière s’oppose à la création d’un nouveau métier médical ! - Albus, l'appli des infirmiers

La profession infirmière s’oppose à la création d’un nouveau métier médical !

 

Une proposition de loi, visant à créer une profession intermédiaire de santé, a provoqué la colère des médecins mais aussi des infirmières. Tous ont été entendu, avec notamment la prise en compte des infirmières en pratique avancée, instaurées justement pour pallier aux carences du système de santé.

 

Profession intermédiaire de santé, un nouveau métier entre infirmière et médecin

C’est pour faire suite au Ségur de la Santé, vastes négociations organisées du 25 mai au 10 juillet dernier, qu’une parlementaire de la majorité présidentielle a soumis au Parlement sa proposition de loi pour améliorer le système de santé par la confiance et la simplification. Et le premier article de cette loi a suscité l’émoi, l’incompréhension et la colère de très nombreux, et même tous, professionnels de santé. Dans le texte de présentation, les auteurs de la proposition expliquent ainsi :

« L’exercice légal de la médecine en France conduit à un cloisonnement important des professionnels de santé avec d’une part le médecin diplômé d’un Bac + 10 et, d’autre part l’infirmière titulaire d’un Bac +3 »

 

Les médecins, mais aussi les infirmières ainsi que toutes les autres professions de santé se sont tous mobilisés (et ce regroupement est assez rare pour être souligné) pour dénoncer ce projet. Il ne s’agit plus – ou alors c’est une demande supplémentaire – d’autoriser les actuels auxiliaires médicaux, dont la profession infirmière au premier chef, à « exercer en tant que profession médicale intermédiaire » mais bien de créer une nouvelle profession, entre le médecin et l’infirmière. Si la piste avait été évoquée lors des négociations du début de l’été, une commission devait fixer les contours de ce nouveau métier au nom encore trop générique : profession intermédiaire de santé.

Les infirmières et les médecins contre une désorganisation du système de santé

Les arguments sont connus depuis longtemps, et les justifications de la proposition reviennent encore sur la démographie médicale, pointant les difficultés pour les médecins à faire face à l’ensemble de leurs missions. La proposition de loi évoque la notion de « paramédical praticien » qui viendrait soulager les médecins d’une partie de leurs obligations. Bien que les contours précis de cette nouvelle profession ne soient pas encore définis, l’opposition est totale du coté des principaux concernés. Les médecins s’alarment d’un transfert de compétences, réalisé dans l’urgence et sans concertation et qui pourrait à terme être nuisible à la santé des patients eux-mêmes.

De leur côté, les infirmières se désolent de cette proposition, alors même que les infirmières en pratiques avancées (IPA) ont fait leur apparition dans l’univers de la Santé en France. Le efforts entrepris depuis des années sur cette notion de pratique avancée visait justement à former des infirmières aux compétences élargies. Une proposition a même été faite, à l’issue du Ségur, pour élargir le rôle de l’IPA en 1er recours en « permettant aux patients de les consulter directement ». Elle n’a finalement pas été retenue.

La reconnaissance d’expertise au cœur des demandes de la profession infirmière

Sans même évoquer la reconnaissance financière, et donc la revalorisation salariale des IPA, la profession infirmière dans son ensemble regrette que cette spécialisation ne se soit pas extirpée du statut « d’auxiliaire médical » . Une pratique avancée de la profession Infirmière pour les autorités sanitaires et non pas une véritable profession intermédiaire comme le revendiquent les professionnelles concernées. Et il en va de même des infirmières anesthésistes et de bien d’autres spécialités (infirmières puéricultrices, …)

Les infirmières libérales et hospitalières, car la problématique se révèle aussi pressante en ville qu’à l’hôpital, demandent donc plutôt une évolution de cette approche « Pratique avancée », qui, soulignent-elles, a déjà fait ses preuves à l’étranger. De leur côté, les médecins sont vent debout contre cette ambition de créer une nouvelle profession médicale, qui serait, selon eux, le premier pas vers une « médecine à deux vitesses »

L’auteure de cette proposition de loi, Mme Stéphanie Rist, n’a pu que constater cette opposition totale et a donc dû faire marche arrière. Bien qu’elle n’abandonne pas l’idée de créer à l’avenir cette profession intermédiaire, elle a ainsi expliqué vouloir « faire évoluer les métiers, notamment dans le cadre des protocoles de coopération ». Nul doute que le débat sera relancé dans quelques mois ou quelques années, avec néanmoins une différence notable : la profession infirmière a été entendue, comme le confirme Mme Rist en déclarant :

« Pour moi, les IPA pourraient entrer dans le cadre de la profession intermédiaire, mais c’est aussi le cas de l’ensemble des auxiliaires médicaux »

 

Et vous, que pensez-vous de cette idée de créer une nouvelle profession intermédiaire ? Estimez-vous que la profession infirmière peut combler ce vide, dénoncé par la proposition de loi ?

 

 

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tous les commentaires

23 mars 2021

tu a raison Hervé, le manque de cohésion entre infirmiers fait que nous en sommes restés au stade de larbins où toutes les professions grignotent sur notre dos comme les pharmaciens et la vaccination

31 janvier 2021

Qu’est-ce que je peux détester mes congénères...aucune solidarité dans cette profession. Aucune capacité à évoluer... Pitoyable.

30 janvier 2021

Alexia Btx regarde ce que je te disais

29 janvier 2021

Quelle formation ? Un complément après DE, comme puéricultrice ou infirmier anesthésiste ? Mais pour faire quoi exactement ? Pour quels salaires? Pour encadré les ides il y a déjà Ide cadre, et au dessus l ide cadre Supérieur .... Est ce pour le libéral, et donc la médecine de ville? Qui va les former? Et pour faire quoi? Pourquoi ne pas simplement développer les compétences ide déjà en place sous forme de protocole.

28 janvier 2021

Dégage

24 janvier 2021

Certes il y a une limite physique pour former de nouveaux médecins,universités , hôpitaux ne sont pas extensibles . Mais il est absolument nécessaire d'augmenter au maximum le numerus clausus pour les étudiants en médecine. Nous arrivons à peine au niveau de 1972. Il y a eu des générations d'étudiants sacrifiées dans les années 90. Ces médecins auraient 50 actuellement. Ils manquent cruellement.

14 janvier 2021

Désolée mais il est temps que le diplôme d'infirmière change ! La corrélation avec l'infirmière clinicienne dans d'autres pays devrait se faire ! Effectivement un niveau entre les médecins et les infirmières IDE ! Mais restez dans vos statuts archaïques et restez sous payés !

14 janvier 2021

Bonjour, Je suis entièrement d'accord. Le statut "Infirmière en Pratique Avancée" a été décidé pour palier un vide et pour ma part j'avais compris que cela correspondait à ce qui a été soulevé par l'état et qui est déjà réalisé en structure; notamment en consultation spécialisé tel l'oncologie, la pose de pic line ..... les exemples ne manquent pas.

14 janvier 2021

Je trouve ceci cohérent L’expérience compte ! Pourquoi la privilégier que pour certains .. tout le monde ne pas matériellement faire cette formation: je suis dans ce cas : expérimentée mais impossible de paumoyer et/ou d’arrêter mon travail d’Ide pendant 2 ans

05 janvier 2021

Mais quand est ce que les bureaucrates comprendront qu'il s'agit de responsabilité professionnelle avant tout et pas uniquement d'économiser sur des salaires avec des sous métiers sous payés ? Si je travaillais encore et qu'on m'impose ce genre de personnel à encadrer en plus des aides soignantes ça signifierai quoi ? Je refuserai catégoriquement !

27 janvier 2021

Gilles Rinaudo personnellement, je comprends que cet intermédiaire entre les auxiliaires médicaux et les médecins seraient plutôt encadrants des IDE, étant plus diplômés que ''nous'' mais moins que les médecins. De quoi remotiver la profession 😂.

26 janvier 2021

Gilles Rinaudo jamais

27 janvier 2021

Mais quand est ce que les bureaucrates comprendront qu'il s'agit de responsabilité professionnelle avant tout et pas uniquement d'économiser sur des salaires avec des sous métiers sous payés ? Si je travaillais encore et qu'on m'impose ce genre de personnel à encadrer en plus des aides soignantes ça signifierai quoi ? Je refuserai catégoriquement !

26 janvier 2021

Mais quand est ce que les bureaucrates comprendront qu'il s'agit de responsabilité professionnelle avant tout et pas uniquement d'économiser sur des salaires avec des sous métiers sous payés ? Si je travaillais encore et qu'on m'impose ce genre de personnel à encadrer en plus des aides soignantes ça signifierai quoi ? Je refuserai catégoriquement !

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