L’Assurance Maladie, une épée de Damoclès au-dessus des IDEL(s) ? - Albus, l'appli des infirmiers

L’Assurance Maladie, une épée de Damoclès au-dessus des IDEL(s) ?

 

Les infirmières et infirmiers libéraux connaissent au quotidien un stress permanent, liée à leur activité professionnelle d’une part mais aussi à la menace des procédures contentieuses initiées par l’Assurance Maladie d’autre part.

 

La CPAM, épée de Damoclès ou le stress quotidien des infirmières libérales ?

 

Il suffit de parcourir les réseaux sociaux, de visiter les forums spécialisés pour les infirmières et infirmiers libéraux ou de lire les commentaires sous certains articles, pour comprendre combien les relations entre les IDEL(s) et la Caisse Primaire d’Assurance Maladie d’autre part sont complexes et tendues. Les procédures en réclamation d’indus figurent parmi les arguments portés par de nombreuses infirmières libérales. Ces dernières estiment bien souvent être traquées et surveillées, alors même que leurs tâches et obligations ne cessent de s’accroitre. Ainsi, Sandra Velt dénonçait cette situation lorsque la CPAM l’a «  bombardé d’indus. J’ai saisi la Justice. Ras le bol d’être considérée comme une délinquante statistique parce qu’on n’est pas dans leur norme ! ».

Pas une semaine ne se passe sans qu’une procédure à l’encontre d’une infirmière ou d’un infirmier libéral ne vienne défrayer la chronique, participant à renforcer cette menace permanente. Les journalistes d’Actusoins ont même récemment interrogé deux infirmières libérales, directement concernées, et leur témoignage souligne bien ce sentiment de défiance, qui s’est instauré au fil des années. Les infirmières et infirmiers libéraux se sentent en permanence menacés, et Nathalie, une des deux IDEL(s) interrogées, regrettent avoir reçu le courrier tant redouté de l’Assurance Maladie le 22 décembre dernier, soulignant l’absence de trêve et confirmant cet état de stress permanent.

 

Des procédures aux conséquences dramatiques, bien au-delà des soins dispensés

 

Et c’est l’un des reproches récurrents s’agissant de ces procédures, un reproche que résume parfaitement Nathalie lorsqu’elle explique :

« (…) ce courrier est d’autant plus difficile à recevoir que nous sommes sur le pont depuis le début de la crise sanitaire. Les agents de la Cpam ne se rendent pas compte de ce que vivent les soignants lorsqu’ils reçoivent ces courriers, le stress et les nuits blanches que cela engendre. »

 

L’Assurance Maladie agirait ainsi sans discernement, oubliant les efforts demandés et ceux consentis par la profession, et ne se concentrant que sur des « dérives statistiques » identifiées par des algorithmes déshumanisés. Ces courriers, théoriquement annonciateurs d’une anomalie de facturation, sont alors considérés comme de véritables mises en accusation en tant que fraudeurs. Et cela s’accentue encore, quand le courrier est envoyé après deux ans de crise sanitaire, deux ans durant lesquels les infirmières et infirmiers libéraux se sont sentis bien seuls. Nathalie reproche ainsi à la CPAM de ne pas tenir compte notamment du temps nécessaire à la mise en œuvre du Bilan de Soins Infirmiers (BSI), pourtant indispensable à la prise en charge de ce dernier par l’Assurance Maladie.

Des relations tendues néfastes aux infirmières libérales mais aussi aux patients !

 

« Quelle inconscience et quelle irresponsabilité de nous pousser à abandonner des prises en charge en nous sanctionnant, au lieu de nous laisser du temps pour intégrer la mise en œuvre du BSI. »

 

Pour Nathalie, les conséquences de tels agissements sont innombrables, et elles ne se limitent pas au seul « combat judiciaire », qui en lui-même peut devenir très chronophage. La seconde infirmière interrogée, Julie, évoque douloureusement la procédure intentée à son encontre en 2017. Alors que la CPAM lui réclamait 157.000 €, l’histoire se termine bien puisque le 16 décembre 2021, Julie a été relaxée par le tribunal correctionnel. Mais pendant plus de 4 ans, l’infirmière libérale de Bourgogne a vécu cette relation tourmentée avec la CPAM, une procédure qui ne doit pas faire oublier les conséquences psychologiques. Elle se souvient ainsi douloureusement de sa mise en garde à vue :

Les gendarmes «  ont été très humains et effectué un travail de qualité. Mais le plus dur, c’est vraiment la prise des empreintes et la photo. On se sent salit. »

Il est alors normal que cette menace d’une telle procédure se transforme en un stress permanent chez les infirmières et infirmiers libéraux, un stress dépassant amplement la seule pratique professionnelle de l’infirmière incriminée. Peut-être avez-vous été victime d’un épisode similaire, alors prenez la parole pour expliciter votre ressenti en participant au prochain podcast de la « Voix des Libérales ».

 

Et vous, avez-vous déjà vécu une telle mésaventure ? Comment vivez-vous au quotidien une telle menace ?

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