Le pouvoir d’achat, la revendication principale des infirmières libérales ? - Albus, l'appli des infirmiers

Le pouvoir d’achat, la revendication principale des infirmières libérales ?

Le vaste débat organisé par le ministre de la Santé doit se pencher sur les évolutions nécessaires pour imaginer le système de santé de demain. Mais la question du pouvoir d’achat et de la rémunération se pose avec insistance, risquant de donner un tour inattendu à ces concertations. 

 

Le budget des infirmières libérales en danger avec une inflation galopante ?

 

Comme l’ensemble des acteurs économiques, les professionnels de santé en général et les infirmiers libéraux en particulier souffrent de la situation économique actuelle. Alors que pendant deux années, les infirmières et infirmiers libéraux se sont efforcés de répondre aux demandes et attentes des autorités publiques pour lutter contre la crise sanitaire, ils sont, depuis le printemps 2022, frappés de plein fouet par l’inflation qui sévit en France et partout en Europe. Les prix du carburant avaient même amené certains syndicats représentatifs de la profession à tirer la sonnette d’alarme. Il y a quelques mois, ils soulignaient que cette inflation risquait de faire peser un danger sur la continuité et la permanence des soins.

Les infirmiers libéraux continueraient-ils à se déplacer au domicile des patients lorsque les frais de déplacement ne seront plus remboursés à leur juste valeur ? Cette interrogation taraude toujours les IDEL(s) en général, qui sont désormais impactés par les autres conséquences de cette dégradation de la situation économique du pays. C’est le sens du cri d’alarme lancé par l’Organisation nationale des syndicats d’infirmiers libéraux (Onsil) qui n’a pas peur d’évoquer un « véritable problème d’équilibre et de survie ».

Comment faire face à la dégradation de la situation économique quand on est infirmière libérale ?

 

A la hausse des prix du carburant s’est ajoutée l’augmentation significative des prix de l’énergie mais aussi des dépenses courantes. L’ONSIL, en reprenant les projections de l’INSEE, souligne que l’inflation en 2022 pourrait atteindre 10 voire 12 %. Et l’organisation insiste en affirmant que de nombreux infirmiers libéraux « ne vivent plus de leur exercice libéral, incapables de se projeter pour un avenir et une évolution pérenne de leur activité ». Non seulement, les infirmiers libéraux éprouvent des difficultés à faire face à cette augmentation des charges, mais il faut aussi, selon le syndicat, tenir compte de la spécificité de l’activité impliquant notamment un décalage de paiement entre les soins prodigués et le paiement de ceux-ci (Tiers-payant, mutuelle, …). La situation devrait encore se dégrader, alors pour l’ONSIL il est urgent d’agir. Bien évidemment, le syndicat dénonce que face à cette hausse généralisée de tous les coûts et de toutes les charges de l’infirmière libérale, aucune revalorisation n’a été programmée pour aider les infirmières et infirmiers généraux à faire face à cette difficile réalité.  Et selon le communiqué de presse de l’ONSIL, cette réalité conduit les infirmiers libéraux à ne plus pouvoir faire face à ces dépenses notamment en ce qui concerne le paiement des charges sociales. Et toutes ces difficultés « suppriment toutes marges bénéficiaires pour permettre la constitution d’un compte de réserve et de prévoyance (…) »

Le pouvoir d’achat, LA revendication majeure du CNR Santé ?

 

On comprend que le syndicat porte des demandes issues d’un certain nombre d’infirmiers et d’infirmières libéraux. Ces derniers sont de plus en plus nombreux à souligner l’urgence à agir ou réagir. Alors que s’est ouvert le 3 octobre le CNR sur la Santé, destiné à lancer l’ambitieux plan de réforme souhaité par le gouvernement, ces questions de pouvoir d’achat et de rémunération pourraient donc constituer une part prépondérante des revendications de la profession mais aussi de bien d’autres catégories de soignants. Satisfaire à une demande urgente et importante pour assurer la « survie » de la profession tout en imaginant les profondes mutations à opérer pour élaborer le système de santé de demain. Le court terme face au long terme, les réponses actuelles à une crise conjoncturelle face aux solutions innovantes pour pallier la profonde crise structurelle de la Santé publique, … On comprend que l’exercice sera difficile, tant chacun de ces aspects se révèle à sa manière comme essentiel.

 

Et vous, estimez-vous que la priorité doive avant tout être donnée à ces questions de rémunération ? Ou pensez-vous au contraire, qu’il est primordial de solutionner la crise de la Santé publique auparavant ? Êtes-vous optimiste quant aux résultats de ce CNR Santé ? 

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22 octobre 2022

Les charges augmentent et le chiffre baisse, La mise en place du Bsi est une catastrophe tant pour les soignants que pour les patients! Nombre d’idel ne se cantonnent plus qu’à un passage par jour pour une personne qui en nécessite 2 voire 3 afin de minimiser les depenses et le temps passés pour une rémunération moindre! Les patients lourds galèrent à trouver des idel car plus personne ne veut s’en occuper. Les pouvoirs publics ont été bien contents de voir que toutes les professions medicales et paramédicales etaient sur le pont motivés pour répondre à l’épidémie mondiale de covid ainsi qu’à ses consequences mais malgré tout poursuivent leur mise en place d’outils basés sur des algorithmes qui les arrangent eux financièrement mais nous lèses nous en revoyant évidemment les calculs à la baisse. Les nouveaux BSI sont basés sur des critères irréels, il faudrait que le patient soit mourant au fond de son lit complètement grabataire pour que nous puissions prétendre à un forfait C! C’est inadmissible vu le temps que l’on passe chez certaines personnes et les fois où l’on passe et repasse sans prise en charge financière car l’on s’inquiète de l’état du patient. On veut nous donner davantage de responsabilités mais à quel prix, pour nous soucier davantage, plus de responsabilités alors plus de considération et nous permettre de travailler dans de bonnes conditions. Serions des « commerçants » à négocier les prix avec « le client » à qui l’on offre le premier soin à 100%, le second à 50 et le troisième gratuit? C est bien malheureux d’admettre que nous ne sommes que de la main d’oeuvre à bas coût, ils veulent nous chasser et nous salarier voilà tout. Triste histoire de l’infirmière à domicile qui s’eteint petit à petit pour finir salariée d’un groupe qui dirigera toutes les structures de soins avec une enveloppe budgétaire à l’appui…et un rendement surdimensionné pour pouvoir rentabiliser les soins rendant les soignants épuisés et renonçant à exercer leur profession… Le monde de la santé est malade, les pouvoirs publics se preoccupent de leur budget et porte monnaie avant toute chose! Il faut qu’ils se reveillent et cessent de se voiler la face, nous sommes indispensables, autant en hopital, structure qu’en liberal, ayez de la reconnaissance pour une fois!

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