Les contraintes budgétaires ruinent les aspirations des infirmières libérales - Albus, l'appli des infirmiers

Les contraintes budgétaires ruinent les aspirations des infirmières libérales

 

Les contraintes budgétaires ruinent les aspirations des infirmières libérales

 

Plus que dans tout autre secteur d’activité, la Santé publique en France se caractérise par cet antagonisme entre les paroles porteuses d’espoir et d’ambition, et les actes, souvent plus réducteurs et à visée économique. Les contraintes budgétaires de l’Etat et des collectivités territoriales sont désormais les obstacles infranchissables pour voir les revendications des infirmières libérales être enfin entendues. La colère monte, et l’incompréhension aussi ….

 

Les infirmières libérales irritées d’être encore et toujours ….méprisées

 

On sait aujourd’hui, que la grande majorité des infirmières hospitalières et plus généralement l’ensemble du personnel des hôpitaux de France sont déçus par les résultats obtenus par le « Ségur de la Santé ». Ils regrettent que le prisme financier soit toujours consacré comme le maitre étalon pour prendre les décisions. Les mesures ne sont pas, selon le personnel hospitalier, à la hauteur des promesses faites durant la crise sanitaire, que nous venons de traverser. Certes, les sommes engagées pour revaloriser les salaires notamment sont sans commune mesure avec ce qui était traditionnellement envisagé. Mais quand même, les infirmières hospitalières regrettent ce manque d’ambition, en espérant toutefois poursuivre, dans les prochaines semaines, les négociations avec le Ministère de la Santé.

La colère est bien plus forte encore du côté des infirmières et des infirmiers libéraux, qui expliquent n’être concernés en rien par les mesures annoncées par le gouvernement. Les syndicats dénoncent cette situation, soulignant que les belles paroles tenues pendant la crise sont déjà oubliées. Syndicat d’infirmiers libéraux, Convergence Infirmière a publié un communiqué de presse pour dénoncer cette situation intolérable.

Même si demain certaines dispositions nous sont consacrées, force est de constater que le mépris continue et que nous sommes toujours considérés comme des soignants de seconde zone. Les têtes changent au sommet de l’Etat mais le mépris pour les IDEL reste.

 

Les revendications des infirmières libérales, balayées par le réalisme budgétaire

 

Les infirmières et infirmiers libéraux ont cependant été mobilisés tout au long de la crise. Cette mobilisation ne s’explique pas par une volonté d’accélérer la prise en compte de certaines revendications, mais bien par la vocation de cette profession infirmière, consistant à soigner et à prendre soin des patients. Le Ministère de la Santé avait lui-même reconnu l’importance de cette mobilisation et les bénéfices de celle-ci pour la gestion de la crise. Cette dernière devait être récompensée et valorisée, disait-on pendant les semaines les plus denses de cette épidémie de coronavirus. Force est de constater, que ces promesses sont désormais lettre morte.

Même la mobilisation des IDEL(s) durant cette crise de coronavirus semble être désormais remise en cause. C’est ce que nous laisse comprendre une étude du site d’Actusoins. Selon celle-ci, les infirmières libérales de la ville d’Alès ont ainsi été appelés par les médecins généralistes de la ville pour la prise en charge des patients contaminés. Les infirmières et infirmiers libéraux, comme dans presque tous les centres Covid-19 créés à la hâte, se sont donc démenés. Et à ce jour, si les infirmières et infirmiers libéraux ont bien été rémunérés de leurs actes techniques, leur travail de coordination ne l’est pas, et l’Agence Régionale de Santé n’y est pas pleinement favorable. Dans une lettre adressée à l’ARS, Dominique Jakovenko s’effraie de ce manque de considération :

« Les temps de présence infirmière suscités par la crise sanitaire sont non valorisés à ce jour, ce qui laisse une démotivation inhabituelle des infirmières libérales »

 

Une logique financière contraire à l’éthique même de la profession infirmière ?

 

C’est cette logique budgétaire, dont le président de la République avait pourtant laissé entendre qu’il fallait en sortir, qui préside donc toujours aux prises de décisions. Pour les infirmières libérales mais aussi pour tous les autres soignants de ville comme ceux de l’hôpital, cet aspect économique de la Santé ne peut pas conditionner à lui seul l’évolution de notre système pour les années à venir.

D’autant plus que cet impératif, tant dénoncé chez les soignants, concerne tous les aspects du quotidien pour le système de santé en France. Et pour la profession infirmière, cela commence même bien avant le début de carrière de celles et ceux, qui choisissent de se dévouer à la santé de leurs concitoyens. Ainsi, la FNESI (Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers) s’est émue de la situation des étudiantes et étudiants en soins infirmiers, en publiant une lettre ouverte adressée au Président de la République :

« il devient urgent de garantir un versement d’indemnités de stage à minima d’un montant horaire supérieur à deux euros »

Deux euros par heure, personne ne pourra laisser entendre que la mesure est disproportionnée ou exagérée, et pourtant en 2020, les syndicats sont contraints de se battre encore et toujours pour surmonter cet obstacle que sont les conditions budgétaires.

Et vous, pensez-vous que nous sortirons un jour de cette logique financière pour gérer le système de santé en France ?

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