Les infirmières libérales au chevet des médecins ? - Albus, l'appli des infirmiers

Les infirmières libérales au chevet des médecins ?

 

 

Les infirmières libérales au chevet des médecins ?

 

Pour les soignants en général, et les infirmières et infirmiers libéraux en particulier, la transformation de notre système de santé est une priorité absolue. Les candidats à l’élection présidentielle s’accordent, eux-aussi, à cette ambition. Quels que soient les résultats du prochain scrutin, force est de reconnaitre qu’il faudra nécessairement repenser le rôle, les missions et la place de l’infirmière libérale. Et les idées ne manquent pas en la matière.

 

Le système de santé en France éprouvé doit être transformé en profondeur

Depuis plusieurs semaines, les débats consacrés à l’organisation du système de Santé en France se multiplient à l’occasion des élections présidentielles. Les infirmières libérales et hospitalières, comme les autres professionnels de santé, ont fait connaître leurs revendications et leurs propositions pour cette nécessaire transformation. Les différents candidats on t depuis fait connaître leur position et leur projet en matière de Santé publique. Si les programmes divergent d’un candidat à l’autre, tous s’accordent à souligner que la transformation est une priorité pour imaginer la Santé de demain.

Depuis de nombreuses années, les spécialistes soulignent cette nécessité en mettant en avant les évolutions démographiques. Le vieillissement de la population est alors présenté comme un facteur essentiel à prendre en compte, tout en n’ignorant pas pour autant la multiplication des maladies chroniques. Ces projectives sur l’évolution de la demande de soins interroge et constitue la base, à partir de laquelle imaginer cette nécessaire transformation. Les orientations, prises depuis des décennies, ont profondément fait évoluer l’organisation de la santé publique en France ces dernières années, une évolution qu’il faut repenser en tenant compte de ces évolutions à venir mais aussi en tirant les leçons des deux dernières années, que notre pays vient de traverser. Car la crise sanitaire du coronavirus a mis en lumière des dysfonctionnements importants de la prise en charge des patients, mais aussi souligné les atouts des professionnels de santé de ville, dont les infirmières et infirmiers libéraux.

Les infirmières et infirmiers libéraux, les grands oubliés de la crise sanitaire

 

On ne pourra pas résumer les conséquences de cette crise sanitaire mondiale en quelques lignes. En revanche, on peut retenir, que le système de santé en France a été mis à rude épreuve, et que le modèle axé principalement sur et autour de l’hôpital a montré des limites évidentes quant à la prise en charge de tous les patients. Les infirmières et infirmiers libéraux, à l’instar de tous les soignants de ville, ont été appelé en renfort pour soutenir ces hôpitaux au bord de la rupture, tout en étant invités dans le même temps à faire preuve de flexibilité et d’adaptabilité pour ne pas négliger leur propre patientèle.

La coopération entre les professionnels de santé a été renforcée et a permis des initiatives pour faire face à une situation exceptionnelle. De leur côté, les autorités publiques ont multiplié les dispositifs pour accompagner cette flexibilité, que ce soit en renforçant les efforts en matière de télémédecine ou téléconsultation, mais aussi en dérogeant aux règles communes du code de la santé publique. En prenant conscience à cette occasion des carences d’un système de santé, qualifié de trop « technocratique », les autorités publiques ont déjà initié un vaste mouvement de réforme, traduit notamment à travers le Ségur de la Santé.

Si tous les professionnels de santé ont été reconnus et salués pour leur mobilisation et leur professionnalisme, les infirmières et infirmiers libéraux estiment néanmoins avoir été oubliés par ces transformations déjà actées. En revanche, les IDEL(s) ne souhaitent pas que cet oubli perdure et caractérise les prochaines décisions.

L’avenir de notre système de santé, continuité ou rupture ?

 

C’est donc dans ces conditions, que les différents candidats à l’élection présidentielle d’avril prochain, dévoilent leur propre vision de la santé publique en France. Faut-il conférer plus de responsabilités aux infirmières et infirmiers libéraux et plus généralement à la médecine de ville ? Ou doit-on renforcer la place déjà si importante de l’hôpital ? Les grandes orientations sont posées, et chaque candidat défend ardemment ses positions. Pour tous, la priorité reste de garantir la qualité des soins d’une part mais aussi l’égalité d’accès aux soins d’autre part. C’est alors la problématique des déserts médicaux, qui se retrouvent au cœur de ces débats. La désertification médicale n’est pas issue de cette crise sanitaire, qui n’a fait que mettre en évidence, de manière plus criante, cette réalité.

Si les mesures déjà prises pour lutter contre cette désertification ne porteront leur fruit qu’après 2030, ces déserts médicaux dépassent la simple question de l’installation des médecins, des kinés ou des infirmiers libéraux. Ils interrogent sur la question même de l’aménagement de territoire. Une jeune infirmière libérale ou un médecin en quête de son futur lieu d’exercice s’interroge autant sur la patientèle existante sur un territoire donné que sur les atouts, inconvénients et autres spécificités de ce mêle territoire. En d’autres termes, il ne suffit pas d’accompagner et de renforcer la coopération entre professionnels de santé pour régler définitivement la pénurie de soignants sur certains secteurs.

Les IDEL(s), un socle pour faire évoluer notre système de santé

La question de la Santé reste prioritaire pour ces élections présidentielles de 2022, comme elle le fut il y a 5 ans. Et en la matière, la coopération était déjà au cœur des promesses du candidat devenu président de la République : Emmanuel Macron. Il promettait alors de doubler les maisons de santé, devant non seulement répondre à la problématique de la désertification médicale mais aussi engager les soins dans une nouvelle ère. La politique de Santé menée depuis 2017 visait à « faire de l’exercice isolé une aberration », et si le doublement des maisons de santé (de 910 en mars 2017 à 1889 en juin 2021) est devenu une réalité, il s’est également accompagné de la création des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS).

En dévoilant les grandes lignes de son programme, le candidat président entend poursuivre, s’il est réélu, dans cette voie. Alors que le début de son quinquennat était marqué notamment par la création des postes d’assistants médicaux, destinés à libérer du temps médical, Emmanuel Macron ambitionne d’aller encore plus loin, estimant que ce temps médical gagné peut en partie compenser le manque de médecins sur le territoire. Même s’il n’a pas détaillé les mesures précises pour y parvenir, l’actuel hôte de l’Elysée entend également développer un système de référents, grâce auxquels infirmiers libéraux et pharmaciens notamment pourraient se substituer au médecin généraliste. Ce glissement ou cette délégation des tâches pose question et fait débat.

D’un côté, les infirmières en pratiques avancées libérales ou hospitalières sont déjà dotées de compétences élargies. D’un autre côté, on se souvient de la levée de boucliers des médecins généralistes lors de l’étude du PLFSS 2022 lorsqu’était évoqué un tel glissement des taches.

Une nouvelle place pour les infirmières libérales ?

 

Dans tous les cas, et pour tous les candidats et candidates, cette question de l’égalité d’accès aux soins reste l’une des priorités absolues. Parce qu’il n’est pas possible d’espérer un recrutement suffisant de professionnels de santé avant une décennie, l’une des seules voies existantes est donc de changer les habitudes et les méthodes. Qu’il s’agisse d’IPAL ou d’IPA ou que cela soit à travers de nouvelles compétences données aux infirmières et infirmiers libéraux, les IDEL(s) apparaissent bien être un des leviers mobilisables pour accéder à cet objectif. La place de l’infirmière libérale est donc appelée à changer rapidement pour pouvoir accompagner ces prochaines transformations. Il ne reste plus qu’à savoir quel(le) sera le ou la prochain(e) président(e) de la République pour que les IDEL(s) puissent connaître la voie privilégiée pour les 5 prochaines années.

 

Et vous, comment envisagez-vous la place de l’infirmière libérale à court ou moyen terme ? Estimez-vous que la délégation de tâches du médecin à l’IDEL s’impose comme une des voies à privilégier ?

 

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