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Les infirmières libérales font le bilan de cette année 2021

 

Alors que les bilans en tout genre s’annoncent à l’approche de la Saint-Sylvestre, retour sur cette année si singulière qu’aura été 2021. Tout au long de l’année, les commentaires des infirmières et infirmiers libéraux auront permis de prendre le pouls d’une profession malmenée. Avec déjà une question d’importance : A quoi ressemblera 2022 ?

 

 

La crise sanitaire, objet de toutes les préoccupations pour les IDEL(s) ou presque

L’année 2021 se termine, et dans quelques jours, les rétrospectives en tout genre vont se multiplier pour nous rappeler, combien cette année aura été particulière. Pour les infirmières libérales mais aussi leurs collègues hospitalières, l’année qui s’achève restera comparable à 2020, empreinte de la crise sanitaire que nous vivons depuis presque deux ans aujourd’hui. N’est-ce pas ce que nous pressentions déjà en janvier en rappelant l’omniprésence du Covid-19 et de ses tristes conséquences. Et les infirmières et infirmiers libéraux naviguaient, en janvier 2021, entre espoir et résignation. Christine Mariani se désolait ainsi : « Nos dirigeants n’ont toujours pas compris ou ne veulent pas comprendre que nous sommes le maillon fort du système de santé ». Orélie Orélie se montrait quant à elle encore plus pessimiste « Infirmière libérale, un métier qui meurt… merci le manque de reconnaissance du gouvernement ! ».

Fatalistes et résignées, les infirmières libérales espéraient déjà des jours meilleurs, comme le déclarait Gwenola Marie Ar Gall « En 2021 un remake de 2020, mais nous espérons une meilleure année 2022 »

 

De la lutte contre le statut de profession intermédiaire de santé …..

Malgré une sinistrose incontestable, les premières semaines de l’année 2021 virent se dégager des questionnements récurrents, qu’il s’agisse du respect du secret professionnel ou encore de la nécessité, remise en lumière, de tenir à jour des dossiers de soins. Mais c’était aussi l’époque, durant laquelle les infirmières et infirmiers libéraux notamment se mobilisaient pour dénoncer la création d’un nouveau statut intermédiaire de santé. La proposition de loi ambitionnait, selon ses auteurs, de réduire l’écart existant entre le médecin d’une part et l’infirmière d’autre part. Déjà discutée lors du Ségur de la Santé, cette proposition concentrait les critiques de tous les professionnels de santé (les infirmières et les médecins partageant la même opposition). Alors que cette proposition était néfaste au développement souhaité des infirmières en pratique avancée, elle ne réglait en rien, selon ses détracteurs la question de la démographie médicale. Rejetée à la suite de cette levée de boucliers, la proposition devrait cependant, selon ses défenseurs, revoir le jour d’ici quelques mois ou années. Gilles Rinaudo protestait vivement en soulignant : « Quand est ce que les bureaucrates comprendront qu’il s’agit de responsabilité professionnelle avant tout et pas uniquement d’économiser sur des salaires avec des sous métiers sous-payés ? ». La question divisait cependant la profession et mettait en lumière les espoirs fondés sur les IPA notamment, comme le rappelait Anne Toulliou : « il est temps que le diplôme d’infirmière change ! La corrélation avec l’infirmière clinicienne dans d’autres pays devrait se faire ! Effectivement un niveau entre les médecins et les infirmières IDE ! »

 

… à la reconnaissance des Infirmières de pratique avancée (IPA)

 

Cette contestation d’une proposition de loi, inspirée du Ségur de la Santé et donc initiée par les autorités sanitaires du pays, s’est heurtée avec les hésitations du gouvernement à reconnaitre toute la place des infirmières et infirmiers libéraux dans la stratégie de vaccination. Les infirmières libérales elles-mêmes étaient divisées sur la problématique du droit ou non de prescription de la vaccination. Nuage Campussien soulignait ainsi : « La 1 première vaccination grippale se fait sur prescription médicale . Les années suivantes les IDEL peuvent vacciner sans prescription. Pour moi ce mode de fonctionnement est le bon et devrait être utilisé pour le covid. Première vaccination sur prescription médicale, injection par médecin ou ide puis les années suivantes nous pourrions vacciner sans prescription. ». Toujours est-il que pendant que la profession s’interrogeait sur cette campagne de vaccination, elle constatait aussi l’officialisation de ces infirmières en pratique avancée.

Là encore, un des objectifs originels de cette évolution de la profession infirmière était une meilleure reconnaissance, la finalité a pu être brouillée par des querelles souvent partisanes. Et il faudra attendre de longs mois, avant que les IPA se voient accorder le droit de primo-prescription notamment et plus généralement une place bien définie dans le parcours de soins des patients. Le début de l’année 2021 était donc tendu et difficile pour la profession infirmière, et une étude soulignait sans surprise, que plus d’une IDEL sur deux (56.5 %) souffrait alors de signes caractéristiques du burn-out. Outre l’épuisement physique, conséquence d’une année de crise sanitaire, William Smith mettait aussi en cause l’ » Épuisement mental …merci les CPAM », alors que Véronique Manchon surenchérissait : « Épuisée oui …et pas de remplaçant sur le marché …donc 7j/7…épuisement physique moral psychologique… »

Une profession infirmière en recherche d’une communication plus efficiente

 

Si le début du printemps marquait le retour des élections aux Unions Régionales des Professionnels de Santé (URPS), la période mettait en avant la difficulté pour la profession infirmière de se faire entendre et reconnaitre au milieu de toutes les revendications des autres professions de santé. L’épuisement professionnel constaté en début d’année conduisait même l’ONI à une vaste consultation de ses membres. Une consultation, dont le résultat fit grand bruit, puisqu’on apprenait que 4 infirmières sur 10 envisageaient de changer de métier. Et les témoignages se multipliaient alors pour dénoncer les conditions d’exercice des infirmières tant en libéral qu’à l’hôpital : « je ne le conseille pas de devenir infirmière aujourd’hui. 11 ans de carrière dont 9 ans à l hôpital et voilà j’arrête. Je ne sais pas encore si je vais me réorienter. Je considère le travail comme de l’esclavage, un travail dur sans reconnaissance : travail à la chaîne avec des humains ! Ce n’est pas en adéquation avec mes valeurs. Hôpital ou domicile c’est la même chose »

 

Vers une année 2022 comparable à 2021 et 2020 ?

Alors que la situation sanitaire s’améliorait considérablement au cours de l’été, les autorités publiques lançaient alors une vaste campagne visant à imaginer la Santé publique dans 10 ou 20 ans. Et les premières campagnes de sensibilisation incitaient les professionnels dont les IDEL(s) à se préparer à la révolution que devrait représenter, dès le 1er janvier 2022, le lancement de « Mon Espace Santé ». Mais l’été réservait un autre temps de crispation, puisque le gouvernement annonçait l’adoption de la vaccination obligatoire pour tous les soignants.

C’est aussi au cours de cette période estivale, que les infirmières s’alarmaient du glissement des tâches, en dénonçant la proposition de transfert de certaines de leurs compétences vers les aides-soignantes. Une dénonciation, qui faisait écho au refus ferme (et entendu des autorités) du corps médical quant au transfert au bénéfice de la profession infirmière. La rentrée de septembre fut toute aussi tendue, avec l’extension des hôtels hospitaliers mais aussi de nouveaux protocoles pour accélérer le télésoin infirmier. Un nouvel avenant à la convention infirmière était alors discutée entre la profession et le ministère de la Santé, principalement pour sceller le sort du BSI (Bilan de soins infirmiers), mis en sommeil pendant un temps en raison de questions financières. Alors que les dernières semaines de l’année consacraient le glissement de compétences des médecins vers les IPA mais aussi vers les kinés et les orthophonistes, les infirmières libérales ou hospitalières manifestaient leur espoir de voir la campagne électorale de 2022 (pour les présidentielles) mettre en lumière certaines de leurs revendications historiques.

Et c’est donc dans cette ambiance aussi tendue qu’en début d’année que s’annonce déjà 2022, alors que la situation sanitaire s’est nettement dégradée et que les premières semaines de la nouvelle année semblent bien s’annoncer semblables à celles que les IDEL(s) ont déjà vécu en 2021.

 

Et vous que retiendrez-vous principalement de cette année 2021 ? Considérez-vous que l’année a été profitable ou au contraire néfaste à la profession infirmière ? Comment envisagez-vous 2022 ?

 

 

 

 

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