Les violences contre les infirmières libérales, une source quotidienne de stress - Albus, l'appli des infirmiers

Les violences contre les infirmières libérales, une source quotidienne de stress

Les violences à l’encontre des soignants augmentent à nouveau en ce début d’année 2022 après deux années de baisse (principalement dues à la crise sanitaire du Covid-19). Pour les infirmières libérales, ces violences peuvent prendre de multiples formes sans qu’il ne soit possible d’en dresser un état détaillé.

Les violences contre les professionnels de santé, un fléau pour les infirmières

 

On se souvient des premiers mois de la crise sanitaire du Covid-19. Chaque soir, la population tendait à rendre hommage à l’ensemble des soignants en les applaudissant. Si les infirmières libérales ou hospitalières se félicitaient d’être soutenues de la sorte par la population en cette période de mobilisation générale, elles n’en oublient pas moins la réalité du quotidien. A l’hôpital comme dans les cabinets infirmiers de ville, les professionnelles de santé dénoncent, depuis de nombreuses années, les violences qui leur sont faite, et que tous les acteurs du système de santé connaissent.

Avant cette crise sanitaire, l’Observatoire national des violences en Santé (ONVS) tirait déjà la sonnette d’alarme dans son rapport concernant l’année 2018. Ce dernier recensait 10.835 infirmiers, victimes d’agressions à l’hôpital soit près de 30 par jour. Parce que la profession reste très féminisée, ces agressions concernaient principalement des infirmières (8569 infirmières et 2266 infirmiers). Ce constat de violences (physiques ou verbales) ne peut pas être cantonné à l’hôpital ou aux structures de soins, car les professionnels libéraux de santé y sont confrontés, eux-aussi, quotidiennement et sous de multiples formes. Même si la crise sanitaire explique deux années de baisse (apparente) de cette violence, les premiers constats dressés pour l’année 2022 soulignent (malheureusement) un « retour à la situation d’avant-crise »

Les violences à l’encontre des infirmières libérales, une réalité sous-évaluée ?

Si la violence contre les infirmières et infirmiers hospitaliers est largement sous-évaluée selon tous les spécialistes du secteur, que faudrait-il dire de celle contre les infirmières libérales ? Pour les établissements de santé, moins de 10 % de ces derniers participent aux études de l’ONVS, alors autant dire que pour ce qui concerne la réalité des IDEL(s), on ne dispose d’aucune source détaillée et sérieuse sur le sujet.

Au quotidien, les incivilités et les violences physiques et verbales sont aussi innombrables que diverses, sans que l’on ne dispose d’études détaillées sur le sujet. Il faut ainsi se rappeler la situation au printemps 2020. Au début de la crise sanitaire, combien d’infirmières et d’infirmiers libéraux ont-ils du retirer leur caducée infirmier pour éviter que leur véhicule ne soit fracturé, afin de récupérer masques et gel hydroalcoolique ?

Si l’infirmière libérale fait face aux mêmes maux et malaises ressentis par certains patients (énervement devant le temps de prise en charge, incompréhension de certains protocoles de soins, …), elle doit en outre affronter seule l’anxiété ou la colère de ses patients. Cet isolement peut aggraver la situation dans certains cas comme le souligne l’ONVS dans une étude faite sur les quelques cas remontés par les SSIAD ou HAD en 2020. L’ONVS souligne ainsi des « situations de violence complexes, parfois très difficiles à gérer, avec une anxiété d’autant plus forte chez les soignants qu’ils peuvent se retrouver isolés et dans un contexte hostile ». L’infirmière libérale doit alors « s’en sortir seule » sans négliger par ailleurs les relations (parfois conflictuelles voire violentes) qu’elle doit entretenir avec la famille et les proches de ses patients. Enfin, les violences sexistes ou sexuelles à l’encontre des infirmières libérales sont toutes aussi nombreuses et quotidiennes. Faute de remontées suffisantes, ces dernières ne peuvent pas donner lieu à une remontée officielle, qui pourrait initier une réflexion des autorités publiques pour « améliorer la situation ».

Dans tous les cas, toutes ces formes de violences font partie du quotidien d’une infirmière libérale et peuvent participer à la longue à un véritable épuisement professionnel.

Et vous, quelles sont les violences auxquelles vous êtes le plus souvent confrontées ? Quelles attitudes avez-vous adopter pour faire face à toutes ces situations délicates ? Existe-il selon vous des décisions à prendre pour sécuriser le quotidien des infirmières et infirmiers libéraux ?

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tous les commentaires

10 septembre 2022

Bonjour je suis idel depuis 7.ans. j'ai subi des violences auprès de patients. Mais au quotidien j'ai subi des agressions dans mon véhicule où j'ai été obligé de m'enfermer. Pourtant j'exerce en milieu rural. On a essayé de s'introduire dans mon véhicule pour me frapper à cause d'une place de stationnement et j'en passe et des pires. Insultes de la part d'autres automobilistes. Comment se protéger. La violence est partout. Cordialement

03 septembre 2022

Bonjour, En 10 ans de libéral je me suis fait agressé verbalement et physiquement et sexuellement au moins 5 à 7 fois... Autant vous dire que l’infirmière que je suis peux aussi se transformer en dragon si on pousse les limites du respect... La police est protégée par des lois qui consistent à punir le(s) pénalement les auteur (s) d’agressions à l’encontre d’un représentant de l’autorité, il devrait en être de même pour les soignants qui se mobilisent et travaillent pour le bien de la population.

23 août 2022

Quid des violences et menaces entre confrères ? Quid des violences et menaces faites à l'encontre des idels par les autorités de tutelles ?

22 août 2022

Je trouve que c’est une hérésie de faire venir des pompiers européens (‘p’ Vaxx avec t’est PCR...) en renfort pour maîtriser les incendies alors que 5200 pompiers français sont suspendus pour non Et refus strict de les réintégrer ! !! Idem pour le personnel soignant !!!! Les hôpitaux manquent de personnel et de lits (malgré les promesses de qui vous savez...), les urgences ferment la nuit et il faudra bientôt appeler avant pour savoir si on est suffisamment en danger pour pouvoir aller aux urgences !!! En plus ils sont surbookés et on y perd sa journée !! HALLUCINANT !!!

22 août 2022

Régulièrement nous avons des patients déments ou non qui nous tapent dessus et qu il est impossible de gérer avec des familles qui ne nous aident pas et qui nous humilient et nous menace de porter plainte la plus part du temps les traitements ne sont pas efficaces quoi faire?

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