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Pourquoi devenir infirmière est devenu si difficile ?

 

Pourquoi devenir infirmière est devenu si difficile ?

 

Depuis des mois, les autorités sanitaires avouent éprouver de grandes difficultés à recruter les infirmières hospitalières, dont elles ont besoin. Pourtant depuis des années, la vocation infirmière séduit lorsque les lycéens doivent exprimer leur choix d’orientation. Comment expliquer cette apparente contradiction ?

Devenir infirmière, une vocation qui peine à se concrétiser

 

Ce n’est pas une surprise pour les infirmières libérales ou hospitalières mais simplement la confirmation d’une tendance, qui nous renvoie au paradoxe même de la profession infirmière. Faut-il rappeler que le diplôme d’Etat d’Infirmier reste celui, qui attire le plus de lycéennes et de lycéens sur Parcoursup. Ainsi, lorsque les jeunes doivent préciser leur choix d’orientation, la vocation infirmière apparait alors comme étant la plus forte, obligeant les Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) à mettre en place des outils de régulation et de sélection des candidatures. Si cette tendance concernant l’orientation même des jeunes générations se renforce année après année, les autorités sanitaires pointent dans le même temps la pénurie d’infirmières hospitalières tout en dénonçant le manque d’infirmières libérales sur certains territoires. La situation pourrait apparaître comme paradoxale, et risque surtout de mettre en péril l’ambition affichée du ministère de la santé : recruter massivement des infirmières et des infirmiers à l’hôpital et favoriser l’installation de jeunes IDELs. Une ambition qui se trouve menacée au vu de l’observation attentive de la situation actuelle, et qui doit amener tous les acteurs concernés de se poser les bonnes questions.

Quand la vocation infirmière se confronte à la réalité du métier

 

Le ministre de la santé, Olivier Véran, a donc confirmé ce que toutes les infirmières et étudiants en soins infirmiers savaient depuis longtemps : les étudiantes et étudiants des IFSI sont de plus en plus nombreux à abandonner leurs études en cours de cursus. Le ministre souligne même que ce sont 1.300 étudiants qui ont jeté l’éponge avant même l’obtention de leur diplôme entre 2018 et 2021. Si le nombre de ces abandons augmente chaque année, cette réalité est préexistante à la crise sanitaire du coronavirus. La Covid-19 a renforcé le phénomène mais ne l’a pas initié, comme l’a expliqué M le ministre.

Pourquoi la vocation disparait-elle en quelques mois ou en quelques années ? Il suffit de parcourir les forums spécialisés ou encore la presse professionnelle pour comprendre que de multiples raisons peuvent expliquer ce phénomène. Sur le site Infirmiers.com, un ancien étudiant témoigne sous couvert d’anonymat :

« Entre l’accueil réservé aux étudiants en établissement, la pression que met l’Ifsi, les méthodes d’apprentissage qui n’évoluent pas et la réalité du terrain comparée aux belles théories, cela ne correspondait plus du tout à mes valeurs »

Il n’y aurait donc pas une raison majeure, mais l’accumulation de petits détails qui conduiraient à cette sensation d’ »écoeurement » et de « démotivation ».

Être infirmière en 2021, un quotidien bien éloigné des ambitions personnelles

 

Cependant,  les étudiantes et étudiants, et plus généralement tous les acteurs des Ifsi, soulignent la distorsion (trop) importante entre les aspirations de chacune et chacun et la réalité du métier d’infirmière aujourd’hui. Une distorsion, qui explique aussi en partie les reconversions, elles-aussi de plus en plus nombreuses, d’infirmières diplômées. Et cette différence entre les idées que peuvent se faire les étudiantes et étudiants et le quotidien d’une infirmière hospitalière ou dans une moindre mesure d’une infirmière libérale apparait le plus souvent à l’occasion des stages (obligatoires) organisés au cours du cursus infirmier.

Pour la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi), ce constat implique une prise de conscience : l’accompagnement des étudiants en soins infirmiers pendant ces stages doit être une priorité. Pour la Fnesi, la refonte de la fonction de tutorat devrait être une priorité, un sentiment que partage la présidente du Comité d’entente des formations infirmières et cadres (Cefiec), Mme Michèle Appelshaeuser :  « Un étudiant qui a bien été accueilli en stage revient travailler. Il faut les écouter, les accompagner. (…) Mais il y a un grave problème de ressources humaines à l’hôpital. »

 

Quelles seraient, selon vous, les priorités pour mieux accueillir les étudiants pendant leur stage ? Estimez-vous que cela soit possible ? Ou pensez-vous qu’il faille avant tout réformer l’hôpital ?

 

 

 

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