Pourquoi les infirmières libérales et hospitalières ne sont jamais entendues ? - Albus, l'appli des infirmiers

Pourquoi les infirmières libérales et hospitalières ne sont jamais entendues ?

 

On retrouve dans les revendications des infirmières libérales d’aujourd’hui les mêmes demandes que celles portées par la profession au début des années 1960. Pourquoi les revendications de la profession infirmière sont-elles ignorées depuis des décennies ? 2020 marquera-t-il ce changement attendu par toute une profession ?

Le ras-le bol de toute une profession, les Infirmières en colère

On lit sur les forums spécialisés de nombreux témoignages d’infirmières libérales, se disant à bout et prêtes à jeter l’éponge. D’autres récits fleurissent émanant d’infirmières hospitalières, et soulignant ce même découragement. Les journalistes de l’Obs ont ainsi recueilli le témoignage d’une infirmière libérale qui explique ce que toute la profession constate au quotidien, à commencer une profonde dégradation des conditions de travail à l’hôpital, qui n’est pas sans conséquences sur les IDEL(s) :

« La situation catastrophique à l’hôpital a des répercussions sur les soins de ville. On récupère toute la galère, on doit rattraper les mauvaises prises en charge ».

Et c’est toute la profession, qui se désespère de la situation, car infirmières libérales et infirmiers hospitaliers craignent que les belles paroles entendues pendant la crise ne restent qu’au stade de parole. Et pourtant les professionnels de santé veulent et exigent même une concrétisation de ces ambitions aussi louables soient-elles. Des appels à l’union sont lancés sur les réseaux sociaux, les forums de discussion, car à l’instar de bien d’autres professions, les infirmières ne semblent plus compter sur leur ordre professionnel ou sur leurs organisations syndicales pour les défendre et les représenter. Ainsi lit-on sur Facebook des appels à la réaction et à l’union :

Je suis IDE libérale et je soutiens mes confrères IDE salariés car leurs revendications sont légitimes comme les miennes : reconnaissance, moyens et rémunérations au niveau de nos compétences. Qu’attendons-nous pour TOUS nous unir ?

La vocation infirmière, quand le dévouement nuit à la reconnaissance !

Inutile de revenir sur les discussions qui se nouent actuellement autour du Ségur de la Santé, puisqu’on sait par avance, qu’une grande partie des revendications de la profession sera au mieux programmée pour un avenir plus lointain, au pire ignorée des autorités publiques. L’histoire se répète, et une question se pose alors : pourquoi les infirmières ne sont-elles pas considérées à leur juste place dans le système de soins en France ?

L’image de la « bonne sœur infirmière «  a la dent dure, et cette image d’Epinal a desservi, pendant de longues années, la cause infirmière. C’est ce que révèle une passionnante vidéo de l’INA « Malaise infirmier : plus de 50 ans de revendications ». On parlait déjà dans les années 1950 de charité et de dévouement pour qualifier la profession, deux valeurs peu propices à une revalorisation salariale et à une reconnaissance professionnelle. Et les revendications entendues aujourd’hui existaient déjà au début des années 1960. En 1964, la profession infirmière regrettait une situation confuse sans véritable place à ces soignantes :

« Il n’y a pas de différence entre une servante, une aide-soignante, une infirmière »

Certes, la situation a évolué depuis mais le processus de reconnaissance n’a pas été mené à terme. La reconnaissance de l’autonomie dans les soins pour l’infirmière (1978) a marqué une date importante, mais pendant toute la décennie 1980, les infirmières libérales et hospitalières ont continué à se mobiliser. La grande mobilisation de toute la profession en 1988 dénonçait déjà les restrictions budgétaires, le manque d’effectifs mais aussi l’absence de reconnaissance du corps médical et des autorités publiques. Ce sont les mêmes arguments que l’on retrouvait avant le début de la crise du coronavirus, et que l’on retrouve aujourd’hui.

Le président de la République l’avait promis et le Ségur de la Santé devait en être la concrétisation : le système de santé en France allait être revu en profondeur. Certains ont cru qu’enfin la profession infirmière se verrait reconnaitre à sa juste place. Bien qu’aucune mesure ne soit prise à ce jour, les orientations prises par ces négociations suscitent plus de déception et de rancœur que d’enthousiasme et d’optimisme. Mais après plus d’un demi-siècle de lutte, les infirmières libérales et hospitalières ne sont pas prêtes à repartir pour des décennies de revendications. Le changement doit être total, rapide et profond. Les prochaines semaines devraient être conduire à ce moment de vérité.

 

Et vous, pensez-vous qu’enfin la profession infirmière va être reconnue à sa juste place ? Estimez-vous qu’après plus d’un demi-siècle de revendications, les infirmières vont être entendues ?

POSTER UN COMMENTAIRE

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Aucun commentaire.
autres actualités