L’infirmière face aux patients agressifs

L’infirmière face aux patients agressifs

En 1998, le Conseil International des Infirmières sonnait déjà l’alarme sur les comportements agressifs que peuvent avoir certains patients, notamment en cas de soins contraints ou de maladies dégénératives liées à l’âge. L’idéal pour la gestion de l’agressivité est de s’appuyer sur le mode de la coopération, qui se traduit la plupart du temps par une première phase de confrontation avec le patient. Pour gérer efficacement ces situations d’agressivité envers les personnels soignants, il est nécessaire d’apprendre à reconnaitre les signes de la poussée d’agressivité du malade puis d’adopter une attitude adaptée.

Comportements utiles pour faire face à l’agressivité :

  • Se rendre disponible ou préciser au patient quand nous le serons.
  • Apprendre à évaluer le risque et/ou la dangerosité : si le risque semble trop élevé, mieux vaut éviter toute intervention en solo et se faire accompagner. Assurez-vous d’avoir prévenu quelqu’un des risques d’une situation de soin et d’avoir communiqué le lieu où se déroule votre intervention. Pensez également à prévenir vos remplaçants ou collègues sur les risques que présente un patient pour la sécurité du soignant. Certains logiciels infirmiers, comme celui proposé par Albus, permettent de laisser des commentaires et des observations consultables par les collègues. N’hésitez pas à en abuser !
  • Personnaliser la situation de soins en utilisant le prénom ou le nom de votre patient.
  • Tenter d’identifier les besoins immédiats et proposer votre aide le cas échéant. Un simple « puis-je faire quelque chose pour vous aider ? » peut pousser le patient à la réflexion et arrêter la montée de l’agressivité.
  • Adopter une attitude de compréhension et d’empathie pour faire face à la souffrance du patient.
  • Chercher à comprendre ce que le patient veut en tenant compte que l’agitation et l’agressivité peuvent correspondre à une demande non verbale impossible à formuler.
  • Utiliser les outils de communication les moins risqués pour vous et le patient : écouter sans interrompre ou émettre de jugement, relancer la conversation pour aider la verbalisation du malade, reformuler, répéter, clarifier et tenter de comprendre !
  • Utiliser des outils de communication non verbale à bon escient : trouver le bon compromis entre regard fixe et fuite du regard, garder une voix monocorde et apaisante, éviter les gestes intrusifs, fermés ou perçus comme tels.
  • Médicaliser la relation en prenant les constantes et en posant des questions sur l’état de santé physique et mental.
  • Proposer une boisson.
  • Utiliser des diversions en parlant d’un sujet qui intéresse le patient.
  • Mettre en place une relation complémentaire de type collaboration. Montrer au patient que vous êtes là pour l’aider à guérir, à apaiser ses souffrances avec son aide. Il est important de rendre le patient acteur de sa santé et de sa guérison.
  • Prendre en compte ses propres émotions dans la relation avec le patient, apprendre à les extérioriser et les apprivoiser.
  • Poser des limites claires à la relation de soins.

Dans le cadre d’une activité infirmière libérale, il peut s’avérer difficile de gérer l’agressivité des patients lorsque nous exerçons seuls. Et vous, comment gérez-vous les patients difficiles au quotidien ? Nous attendons vos réactions…

 

By | 2018-04-12T15:50:40+00:00 19 juillet 2012|IDEL au quotidien|7 Comments

7 Commentaires

  1. Joelle Capdeville via Facebook Le 10 avril 2012 - Répondre

    je ne me suis jamais sentie en danger en 36 ans de libéral ,moins qu’a l’hopital en tous cas … sinon je repars et reviens un peu plus tard je ne force jamais un soin

  2. idem mais je pars et ne reviens que lors du passage suivant histoire de laisser les esprits se calmer.

  3. bien sur si il n’y a pas mise en danger du patient

  4. Alexandra Loupias via Facebook Le 10 avril 2012 - Répondre

    J’ai eu peur une fois, patiente psy qui decompensait, s’est levée d’un coup un grommelant et a commencé à fermer toutes les portes en faisant une tête très peu avenante! Je me suis sentie piégée un instant puis elle s’est assise sur le lit et m’a dit « bon ça vient cette piqûre?!!! » euh….oui de suite lol!!!

  5. J’ai fait mon TEFE sur ce sujet… je refuse les soins maintenant pour ma part…

  6. Agnes Cohen via Facebook Le 11 avril 2012 - Répondre

    C souvent l’agressivité des familles qui est difficile a gérer ! Celle des patients je l accepte plus facilement .

  7. Sabrina Riemenschnitter via Facebook Le 12 avril 2012 - Répondre

    j’ai connu ça à l’hopital….. c’est très déroutant…. pas le choix que de ne « rien faire… »

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