Face au mal-être de nos enfants et de nos adolescents, quel rôle pour l’infirmier libéral ?

Face au mal-être de nos enfants et de nos adolescents, quel rôle pour l’infirmier libéral ?

Le lundi 22 septembre, l’UNICEF publiait le résultat d’une grande étude menée sur toute la France de mars à mai 2014 concernant les enfants et les adolescents. Cette consultation nationale des 6-18 ans « Écoutons ce que les enfants ont à nous dire » est plutôt alarmante quant aux résultats fournis. Nos enfants français vont mal. Et vous, infirmiers libéraux, professionnels médicaux de la proximité et de la famille, pensez-vous que votre rôle pourrait devenir une des solutions à ce grave problème ?

L’enquête de l’UNICEF de septembre 2014 concernant les 6-18 ans et ses résultats

11 232 enfants, dont 62% âgés de 12 à 18 ans, répartis sur toute la France ont été interrogés par l’UNICEF pendant trois mois sur plus de 150 questions concernant les différents aspects de leur vie en famille, à l’école, dans leur quartier et dans leur ville. Les résultats de cette étude ont été analysés par le laboratoire Cités et Sociétés, en collaboration avec Serge Paugam, chercheur et sociologue (CNRS-EHESS) et Catherine Dolto, haptopsychothérapeute.

Malheureusement, les résultats obtenus font état d’une grande souffrance psychologique chez nos jeunes : « selon les répondants, la souffrance psychologique augmente aussi avec l’âge et frappe particulièrement les plus de 15 ans (43,3%) », un chiffre qui pour la totalité de la classe d’âge des 6 -18 ans s’élève tout de même à 36%. Les raisons de ce mal-être ?

Beaucoup de facteurs rentrent en ligne de compte, mais certains s’identifient clairement : privations matérielles, difficultés d’intégration sociale, manques de soutien psychoaffectif parental, peurs de l’échec scolaire et une nouveauté bien triste des années 2.000, les harcèlements sur les réseaux sociaux…

Ce mal-être s’exprimera donc de différentes façons, la plus tragique étant le suicide ou les pulsions suicidaires, qui concernent en particulier les 12-18 ans : « l’idée du suicide concerne 28% des participants, en particulier les filles, tandis que la tentative de suicide aurait été vécue par près de 11% d’entre eux » .

Puis le malaise psychologique, « 81% des participants ont avoué qu’il leur arrivait d’être tristes ou  cafardeux, 52% de n’avoir plus goût à rien », trouvera aussi sa terrible solution dès le plus jeune âge dans les conduites addictives, illusions d’un bien-être dérisoire. Ainsi « plus de 41% des plus de 15 ans disent boire de l’alcool et avoir déjà été en état d’ivresse, et près de 32% avoir déjà pris de la drogue ou fumer du cannabis », ce qui laisse présager le pire pour leur future vie d’adulte.

Et c’est bien là que le rôle thérapeutique et préventif de l’infirmier libéral peut être un atout indéniable à une meilleure prise en charge de ce grave problème de société. N’oublions pas que les enfants et les adolescents d’aujourd’hui seront les adultes de demain !

L’importance du rôle de l’IDEL dans la prise en charge des addictions et des souffrances psychologiques

À première vue le public enfant et adolescent ne semble pas être le public massif des infirmiers libéraux. Et pourtant, comme l’indiquait la brochure de l’association Sidéral Santé de 2001 « c’est pourtant bien au niveau de la prévention primaire que se feront jour les enjeux de la santé de demain ». En effet, il semble primordial que le malaise adolescent soit pris particulièrement au sérieux, tant sa gravité augmente d’année en année et surtout tant il marque de ses comportements addictifs et pathogènes les adultes d’aujourd’hui et de demain.

À l’heure où l’on souhaite réaffirmer de nouveau les compétences infirmières, le colloque du 5 décembre 2012 L’infirmier face aux addictions mené par le RESPADD et par la fédération ADDICTION, rappelait que seule l’infirmière possédait dans son champ de compétences la fonction éducative, la fonction thérapeutique et la fonction réduction des risques.

Ainsi le responsable de l’ONI présent à ce colloque, Karim Mameri, rappela que « infirmiers et infirmières sont en première ligne et, en qualité de professionnels de santé de proximité, ils peuvent contribuer à une meilleure prise en charge et une meilleure prévention des addictions »   et que « les infirmiers(ères) doivent pouvoir développer leur rôle de premier recours face aux addictions. ». Encore faut-il pouvoir leur en donner le temps et les moyens nécessaires… Toutefois, sachez que, dans le cadre du DPC, certaines formations proposent désormais des formations afin de savoir identifier les situations de détresse chez l’adolescent. Une avancée significative ou une goutte d’eau dans l’océan ? Seul l’avenir nous le dira…

Que pensez-vous des résultats de cette étude de l’UNICEF, êtes-vous surpris par ces chiffres ? En tant qu’infirmier libéral, comment vous impliquez-vous dans ce rôle de prévention des addictions ? Avez-vous déjà suivi la formation pour IDEL, concernant les situations de détresse chez l’adolescent, qu’en avez-vous pensé ?

 

 

By | 2014-10-01T23:58:09+00:00 1 octobre 2014|IDEL au quotidien|30 Comments

30 Commentaires

  1. Je crois que ce travail revient plutôt à des éducateurs !

    • Ma Rianne Le 1 octobre 2014 - Répondre

      et pourquoi des éducateurs ns avons un role ds la prévention ne savons ns pas mener un entretien d’aide ? ca fait partie de nos compétences ns avons aussi un role d’information alors pourquoi ne pas evoluer ds nos pratiques pourquoi ne pas vouloir tendre vers de nouvelles actions et vouloir se cantonner aux soins de ts les jours (injection…toilette…psmts…) ns devons asseoir notre statut et ne pas avoir peur de mettre un peu de changements ds nos pratiques !!!!

    • Préventif pour les éducateurs, curatif pour les soignantes. Les infirmières peuvent toujours compléter leur formation en ajoutant un cursus d’éducateur, indispensable dans les relations de préventions. Autrement, qu’elles se cantonnent aux soins, c’est déjà beaucoup !

    • Michele Arribert Le 2 octobre 2014 - Répondre

      Monsieur, je pense qu’à l’occasion vous devriez jeter un œil sur notre décret de compétence et vous découvrirez ce qu’est la profession d’infirmière!

    • Ma Rianne Le 2 octobre 2014 - Répondre

      Je pense que vs ne voyez pas plus loin que votre bout de nez Mr bernardeau mais il me semble que vs n’êtes pas infirmier et sachez qu’une IDE ne fait pas que des soins techniques ! ! ! ! vs etes bien réducteur et sachez qu’on a pas besoin de compléter notre cursus ds la mesure ou on a une formation de prévention prévue ds notre programme d’études mettez vs au jus !!!!

    • Stéphanie Grandjean Le 2 octobre 2014 - Répondre

      Et puis nous avons surtout la possibilité de nous former si besoin sans faire des études d éducateur .Je suis infirmière libérale et ai un diplôme d éducation thérapeutique et un DU MST et SIDA avec une partie sur l entretien d Aide …. Et puis surtout nous avons bien souvent de l expérience lors de postes précédents ou missions exercées .Il est bien évident que si une IDEL ne se sent pas à l aise dans de tels types de soins elle ne s y aventurera pas !

    • Claire Noudoukou Le 2 octobre 2014 - Répondre

      Mr Bernardeau… Je viens de jeter un oeil à votre statut.
      Joli paraitre…. Bien loin du peu d’ouverture d esprit que vous montrez dans votre commentaire. Vous travaillez a l Admr non?
      Quelque soir le professionnel qui intervient à domicile… Son role est aussi de dépister les risques et d aiguiller vers les professionnels compétents en fonction du risque.
      Quelle considération portez vous aux auxiliaires de vie que vous embauchez alors que pour une idel vous vous permettez de parler de cette facon??!!

    • J’ai du mal m’expliquer, mal me faire comprendre. Une auxiliaire de vie fait du soin, de la maison et des personnes, accessoirement de la prévention en alertant sa responsable. C’est à dire qu’elle prévient les professionnelles sur des faits particuliers, puis elle laisse le relais à l’IDE. Lorsqu’elle se trouve face à des difficultés avec des enfants, nous savons qu’il faut faire appel à des éducateurs, voire des psychologues, etc. Tout le monde doit savoir et trouver sa place, car le but de nos associations est de donner du confort aux clients, en les maintenant dans leur lieu de vie, le plus longtemps possible. Je sais bien que la « mode » se développe en donnant aux soignants de plus en plus de place professionnelle. Pourtant l’intérêt des éducateurs est de rendre autonomes les enfants, les adultes. Le but est que la personne n’est plus besoin de l’éducateur. C’est un travail long, fait de patience et d’accompagnement. Tout soignant peut faire l’expérience de se former dans l’Education, même comme AMP, le tout début de la formation. Ensuite, elle/il comprendra la différence des deux métiers et qui sait, deviendra un super professionnel peut-être.

    • Yann le Golgoth Le 2 octobre 2014 - Répondre

      Cher Monsieur… « Préventif pour les éducateurs, curatif pour les soignantes »…
      Euh… LOL
      Voyez d’un peu plus près notre décrèt de compétenceS…
      Education à la santé, depistage et prevention …
      Alors…. no comment

    • Claire Noudoukou Le 2 octobre 2014 - Répondre

      Comprendre les différences et savoir ses limites…. On fait ça tous les jours…

  2. Elodie Macchi Le 1 octobre 2014 - Répondre

    C’est le travail de plusieurs professionnels, un travail d’équipe avec les éducateurs, les parents, les profs et nous ;-).

  3. Maryse Jeanne-rose Le 1 octobre 2014 - Répondre

    Tout à fait d’accord avec Elodie Macchi.

  4. Francois Carrière Le 2 octobre 2014 - Répondre

    Bien dit Michèle Arribert ! Un décret de compétence existe et le rôle propre n’est pas de laver par terre… mais avant de chercher de nouvelles missions pour les IDE on devrait plutôt commencer par valoriser celles qui existent !

  5. Nathalie Baratte Le 2 octobre 2014 - Répondre

    Oui il M est arrivé en faisant des pansements…une maman. S est confié par rapport à son fils en proie à de la phobie scolaire… Nous en avons parlé avec les parents et je crois du moins j espère leur avoir fait prendre conscience de l intérêt urgent (j ai connu un adolescent qui s était suicide suite à de la phobie scolaire…ce. N’est pas anodin) je leur ai donné des pistes de consultation spécialisé sur bx

  6. Nathalie Baratte Le 2 octobre 2014 - Répondre

    Je n ai pas vu le fils en question mais je pense leur avoir apporté des pistes

  7. J’ai été confronté à un problème de ce type cet été. Le fils d’une patiente psy … A. 15 ans et après un déménagement l’ado était très isolé et déprimé et ce malgré un suivi par un éduc ( qui a dans notre campagne plus de 70 dossiers sur son bureau)… Or la problématique reste les moyens: l’été quelles solutions avons nous? Se retournait vers qui pour aider ces jeunes adultes ( pas de lycée pas de moyens de transport …) . Si vous avez des idées je suis preneuse car c’était dur!

  8. Christiane Winkler Le 2 octobre 2014 - Répondre

    Ne laissez pas vos petits porter les cartables .ils sont plus lourds qu eux .
    1 fois par an au moins emmener vos enfants chez un bon Ostéopathe.. c est très important au niveau physique et mental …..vous les aiderez de cette manière au niveau scolaire !!!!!!!

  9. Laure Rabaud Le 2 octobre 2014 - Répondre

    Nous avons suivi tout l’été une ado qui se tournait vers l’anorexie. Elle aurait vu son arrière grand-père faire une fausse-route. Sur la demande du médecin, en accord avec sa mère « célibataire », nous étions auprès d’elle au moment des repas (mère exclue). Cacophonie totale, plus de 3/4h à la regarder manger des miettes tous les jours alors que sa mère l’emmenait à son bon vouloir se manger une bonne glace McDo quasi tous les soirs. Moi, je dis qu’on n’est pas assez formé pour ces missions. Un acte, une parole « de travers » peut tout faire basculer.

  10. Adeline Fricaud Le 2 octobre 2014 - Répondre

    Je pense qu’il serait important de savoir redonner et même de donner à l’ide puéricultrice sa place qui est de promouvoir maintenir et restaurer la santé de l’enfant de 0 à 18 ans.
    C’est sa spécialité et elle serait sans doute la plus à même de s’en occuper en collaboration avec éducateur assistante sociale médecin psychologue auxiliaires…
    Je parle en tant que puer ayant aussi exercé en libéral.

  11. Andrée Yvanez Le 2 octobre 2014 - Répondre

    sans oublier les infirmière de l’éducation nationale qui sont tous les jours devant nos ados

  12. C’est le quotidien des IDE de l’éducation nationale ça …

  13. Claudine Sophie Le 2 octobre 2014 - Répondre

    Bonjour, je vous écris en MP.

  14. oui.. un travail d’équipe.. Mon fils de 17 ans est en pleine dépression et moi ide libérale, seule, je ne peux rien faire… Mais aidée d’éducateurs, de pedopsy.. on avance

  15. Inco Gnito Le 2 octobre 2014 - Répondre

    On a ce rôle là avec tous nos patients jeunes enfants, ados, personnes adultes et personnes âgées, tout le monde peut souffrir de dépression et avoir des idées suicidaires, si ns connaissons bien nos patients ns savons décrypter les signes d alerte. Le relationnel, l écoute et aussi important que le soins lui même, il faut juste savoir vers ki orienter si on pense que c est au dessus de nos compétences.

  16. Moncef Grombali Le 2 octobre 2014 - Répondre

    Courage !

  17. Phoenix Watchman Le 2 octobre 2014 - Répondre

    Les infirmieres ont toute l’empathie et le profil pour une telle mission 😉

  18. Francois Carrière Le 2 octobre 2014 - Répondre

    M. Bernard eau une auxiliaire de vie ne fait pas du soin. Ce vocable n’appartient ni à sa compétence ni à sa capacité à prodiguer un soin. Une auxiliaire de vie apporte une AIDE à la vie quotidienne.De plus lorsqu’elle « alerte un professionnel de santé c’est sur la base de ses connaissances qui n’ont rien à voir avec celle d’une IDE issue d’une formation spécifique. Vous manifestez par ailleurs peu de considération pour les utilisateurs de vos services que vous appelez « clients ». Il est temps pour vous je pense de suivre le conseil de Sa Sainteté le XIV Dalai Lama

  19. Michele Escarabajal Le 2 octobre 2014 - Répondre

    AH ça je suis bien d’accord avec François!

  20. Ce genre de mission est censée être dispensée par les infirmiers scolaires en collège et lycée! Le seul public que les idel pourraient toucher, ce serait les ados déscolarisés après 16 ans ou en milieu défavorise!

  21. Syl Toinette Le 2 octobre 2014 - Répondre

    Les infirmières sont des mères aussi (ou des pères, pardon) et l’adolescence c’est dur pour tout le monde…quand on a moyennement réussi avec ses ados, peut on réussir avec les ados des autres?

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