Les infirmiers libéraux face aux addictions : la promotion des CJC

Les infirmiers libéraux face aux addictions : la promotion des CJC

Les CJC, Consultations Jeunes Consommateurs créées en 2005, n’attirent pas suffisamment les principaux intéressés, les jeunes face aux addictions, dans leurs locaux. De ce fait, la MILDECA  accompagnée du ministère de la Santé et de l’INPES, ont décidé de lancer une nouvelle campagne de sensibilisation et de promotion des CJC début janvier 2015. Et vous les infirmiers libéraux, acteurs principaux de soins mais aussi de prévention, que pensez-vous de ses consultations, y participez-vous déjà ?

IDEL, adolescents et consultations infirmières : les infirmiers libéraux au cœur de la prévention ?

Lorsque l’on parle de conduites addictives, en particulier des conduites addictives des adolescents en forte hausse ces dernières années, le recours aux infirmiers libéraux n’est pas forcément le premier qui viendrait à l’esprit… Et pourtant !

Si l’IDEL dans les faits, présente une population de patients âgés ou dépendants, il est évident que son rôle dans la prévention des addictions et des comportements à risque, bien que trop souvent méconnu ou oublié, est primordial. Or, la prévention des ALD commence par de bonnes habitudes de vie dès le plus jeune âge, comme la brochure de l’association Sidéral Santé de 2001 l’indiquait « c’est pourtant bien au niveau de la prévention primaire que se feront jour les enjeux de la santé de demain ».

Ainsi lors du colloque du 5 décembre 2012 « L’infirmier face aux addictions » organisé par le RESPADD et par la fédération ADDICTION, Karim Mameri, secrétaire général de l’ONI, rappelait que les brochures éditées en 2012 sur le rôle de l’infirmier face aux conduites addictives avaient été envoyées à plus de 35 000 représentants de la fonction infirmière, dont les infirmiers libéraux. Selon l’ONI « Les infirmiers et infirmières sont en première ligne et, en qualité de professionnels de santé de proximité, ils peuvent contribuer à une meilleure prise en charge et une meilleure prévention des addictions ».

La consultation infirmière, premier acte d’entretien avec un patient potentiellement susceptible d’être suivi par différents professionnels de l’addiction doit donc redevenir une priorité affirmée du gouvernement comme le rappelle l’ONI : « L’émergence d’infirmiers spécialisés en addictologie ou en tabacologie doit pouvoir permettre une meilleure prise en charge, une meilleure coordination et une meilleure formation de l’ensemble des professionnels de terrain ». Et cela commence dès l’adolescence, en donnant les moyens techniques et financiers aux IDELs qui souhaitent s’y engager de pouvoir exercer leurs compétences auprès d’adolescents qui en ont bien besoin, malheureusement…

Les adolescents et les conduites addictives : un bilan consternant

Au mois d’octobre dernier, nous vous faisions part à travers un article sur le mal être de nos enfants et adolescents, des résultats de l’enquête effectuée par l’UNICEF en septembre 2014 sur une population de 11 232 enfants, dont 62% âgés de 12 à 18 ans, répartis sur toute la France afin de connaitre leurs conditions de vie. Les résultats de cette enquête s’avéraient alarmants :

  • 81% des participants ont avoué d’être tristes ou  cafardeux,
  • 52% de n’avoir plus goût à rien.

Nous ne serons donc guère surpris par les résultats tout aussi préoccupants d’une enquête réalisée en 2011 par l’OFDT/Escapad, publiée à nouveau en janvier 2015 par le journal Le Monde :

« Les jeunes Français âgés de 17 ans sont :

  • 42% à avoir déjà expérimenté le cannabis,
  • 42% à avoir consommé du tabac au cours du mois passé et,
  • 53% à avoir bu au moins 5 verres d’alcool en une seule soirée, durant le mois écoulé ».

Pour répondre à ce besoin nécessaire d’aider nos adolescents victimes de leurs addictions comme de leurs angoisses, avaient été créées en 2005 un réseau de 400 antennes nommées « Consultations Jeunes Consommateurs » (CJC). Ces consultations réservées aux adolescents de 12 à 17 ans ainsi qu’à leurs parents se veulent être des lieux d’écoute et de dialogue afin d’orienter au mieux les parents ou les adolescents désemparés vers les professionnels de santé dédiés à chaque type de soucis médicaux ou d’addictions.

Or, ces consultations ne sont que trop peu fréquentées et seulement 16% des parents et 23% des adolescents ont déjà entendu parler des CJC, selon les résultats d’un sondage réalisé par l’INPES. Il a donc été décidé récemment par la Mildeca, le ministère de la Santé et l’INPES de relancer une campagne de sensibilisation et de communication afin de faire connaitre ces lieux au public concerné et de trouver des solutions durables et efficaces aux problèmes de nos adolescents en danger.

Et vous, infirmières et infirmiers libéraux, avez-vous déjà travaillé en collaboration avec les CJC ? Si tel n’est pas le cas, seriez-vous intéressés par le fait de participer à ce type de lieu d’accueil ? Que pensez-vous de ces centres, de quelles façons pensez-vous que le protocole puisse être amélioré afin d’être vraiment utiles aux adolescents et à leurs parents ?

By | 2018-04-12T15:34:41+00:00 22 janvier 2015|IDEL au quotidien|11 Comments

11 Commentaires

  1. Orim Tourim Le 23 janvier 2015 - Répondre

    Déjà quand on doit faire face à de la violence c est compliqué alors des addictions?????…..

  2. Saskia Kia Le 23 janvier 2015 - Répondre

    et les libéraux interviennent chez les personnes âgées principalement.. Les jeunes on n’en voit pas beaucoup …

  3. Frédéric Roussel Le 23 janvier 2015 - Répondre

    La formation en esi ? Ridicule! !

  4. Frédéric Roussel Le 23 janvier 2015 - Répondre

    Pourquoi que les jeunes d’ailleurs ?

  5. David Hartz Le 23 janvier 2015 - Répondre

    Il n y a pas de pm ???? On travaille gratuitement ????

    • Saskia Kia Le 23 janvier 2015 - Répondre

      du dévouement.. Parait il on ne compte pas nos heures… « quel beau métier, bla bla bla »..

    • David Hartz Le 23 janvier 2015 - Répondre

      A oui ç est vrai j avais oublié , oups ….. Dévouement et soumission 😉

  6. Beatrice Leclair Le 23 janvier 2015 - Répondre

    On va devoir faire la morale ? Sans rémunération évidemment !

  7. Del Ph Le 23 janvier 2015 - Répondre

    Toute façon les gens n’en font qu’à leur tête ! À quoi bon s’époumoner…j’ai testé , maintenant je ne relève plus…

  8. Françoise Le 29 septembre 2015 - Répondre

    Je suis infirmière en addictologie et je fait également un D.U; de thérapie familiale.
    J’aimerai pouvoir exercer mon activité en libéral en étant rémunéré évidement.

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