ASALEE, quand les infirmières libérales déchargent les médecins

ASALEE, quand les infirmières libérales déchargent les médecins

La pénurie de médecins généralistes devrait se prolonger pour plusieurs années encore, et avec la réforme de l’hôpital, qui s’annonce pour le mois de septembre, les autorités sanitaires envisagent toutes les pistes. Le dispositif ASALEE pourrait ainsi inspirer de nouvelles mesures, visant à déléguer certaines tâches des médecins généralistes aux infirmières et infirmiers libéraux.

L’infirmière libérale, appelée à lutter à sa façon contre la désertification médicale

Il ne s’agit pas ici de s’interroger sur les dispositions incitant les infirmières et infirmiers libéraux à venir s’installer dans des régions sous-dotées en ce qui concerne les soins infirmiers. Par contre, il s’agit bien d’étudier les multiples pistes, qui pourraient permettre aux infirmières et infirmiers libéraux de pallier au manque de médecins généralistes dans certaines régions de l’Hexagone, ou tout du moins de les « décharger » d’une partie de leurs obligations. La question se pose avec d’autant plus de force, que les études du Ministère de la Santé ont mis en avant que les problèmes de démographie médicale allaient s’accentuer dans les années à venir. Il faudra ainsi attendre plusieurs années, avant que le nombre de médecins généralistes soit plus en phase avec les besoins de la population.

Si le gouvernement a déjà annoncé que le grand plan hôpital, qui sera finalement dévoilé au cours de la rentrée de septembre, s’attachera à renforcer le rôle des soins de ville et donc des infirmières et infirmiers libéraux notamment, ces derniers sont déjà mis à contribution comme par exemple avec le dispositif ASALEE, dont le principe pourrait être généralisé.

L’infirmière libérale ASALEE, une aide utile pour les médecins de ville

Le dispositif ASALEE (Action de Santé libérale en équipe) a été créé en 2004 sous l’initiative de l’association du même nom. D’abord testé dans le département des Deux Sèvres, le dispositif ASALEE a été généralisé à l’ensemble du territoire avec la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoire (loi dite HPST) de 2009. Il s’agit de favoriser le travail en équipe pluridisciplinaire, organisé à travers une convention signée avec l’Agence régionale de Santé et pris en charge par l’Assurance maladie. L’infirmière libérale sera, dans ce cas précis, chargée de prendre la relève du médecin généraliste pour faciliter la prise en charge de patients à risques ou de patients atteints de maladies chroniques. On pense alors à la prévention du tabagisme ou à la prise en charge du patient pendant la période de sevrage. Si les médecins rechignent, bien souvent, à admettre qu’il s’agit d’une délégation de tâches, toujours est-il que le résultat est sans appel. Les infirmières ASALEE prennent en charge des actes ou des activités, que ces médecins généralistes n’avaient plus le temps d’assurer. C’est une mission de santé publique pour l’infirmière libérale et du temps de soin libéré pour les médecins généralistes, c’est-à-dire l’atteinte de deux des objectifs évoqués pour réformer l’Hôpital.

Un dispositif ASALEE sous une forme à définir pour l’infirmière libérale

On pourrait donc retrouver ce type d’initiatives dans le grand projet de réforme de l’hôpital. On sait déjà, selon les pistes avancées par Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, que des efforts seront engagés pour rapprocher hôpitaux et soins de ville et renforcer la pluridisciplinarité dès lors que cela est possible. Le dispositif ASALEE pourrait donc être étendu à des soins, qui ne relèveraient plus de la simple prévention, d’autant plus qu’en la matière, le service sanitaire obligatoire, applicable dès cette rentrée de septembre 2018, permettra d’accentuer les actions préventives.

Toujours est-il que c’est une piste, qui pourrait revenir rapidement sur le devant de la scène pour les infirmières et infirmiers libéraux. A la fin de l’année 2016, on comptait sur l’ensemble du territoire 400 infirmières et infirmiers ASALEE, répartis sur 500 sites différents. 1400 médecins généralistes étaient également concernés par le dispositif, ce qui représentait quand même l’équivalent de 230 temps plein infirmiers. La marge de progression existe donc bel et bien, reste à savoir si les dérogations des médecins aux infirmières libérales feront partie des mesures qui seront dévoilées dans quelques semaines.

Et vous, êtes-vous concernés par ce dispositif ou l’avez-vous été à un moment ou à un autre ? Considérez-vous, que les infirmières libérales seront appelées à compenser cette pénurie de médecins généralistes, que l’on annonce encore pour plusieurs années ?

 

By | 2018-07-08T12:23:59+00:00 8 juillet 2018|IDEL au quotidien|1 Comment

One Comment

  1. […] même s’ils ne savent pas encore à quel point. De nombreuses pistes sont évoquées ici et là, comme une extension de l’infirmière ASALEE pour renforcer les liens et les interactions entre les infirmières et infirmiers libéraux d’une […]

Laisser un commentaire