À l’heure où le SIDA est encore tristement d’actualité, de nouvelles études, en particulier le programme « maladroitement » nommé Ipergay, pourrait bien redonner un peu d’espoir en la lutte contre cette épidémie dont on ne voit toujours pas la fin. Toutefois si cette étude ouvre enfin la possible éradication de cette maladie, l’unique message qu’il reste à avoir en tête reste le même : Protégeons-nous ! Et, si possible, aidons la recherche en achetant de la bonne musique comme l’album fraîchement sorti à l’initiative de Pascal Obispo pour le vingtième anniversaire du Sidaction : Kiss and Love !

L’étude Ipergay, le Truvada et la prévention des relations à risques

Tout d’abord voyons ensemble en quoi consiste l’étude Ipergay. Cette étude concerne la prise d’un traitement à base de Truvada®, un antirétroviral testé de manière préventive sur une population homosexuelle censée être plus exposée au risque d’infection par le VIH/sida. Cet antirétroviral avant d’être testé en France sous le nom de l’étude « Ipergay », avait été expérimenté en Amérique du Sud et en Thaïlande sous le nom de l’étude « Iprex », avec, malheureusement, peu de résultats concluants.

Toutefois les chercheurs français au vu de l’enjeu colossal d’une telle découverte décidèrent, en janvier 2012, de lancer une nouvelle étude (l’étude Ipergay) avec une autre méthode, non sans la désapprobation de bon nombre de scientifiques à l’époque, lui reprochant notamment de séparer les volontaires par tirage au sort dans deux groupes où l’un reçoit du Truvada®, l’autre son placebo : « On peut s’étonner que l’ANRS, qui est très rigoureuse, privilégie un essai aussi coûteux, où le différentiel attendu entre le groupe placebo et le groupe normal est très faible et ne permettra probablement pas de conclure. Cela à défaut de se concentrer sur d’autres études plus prometteuses »  Xavier Rey Coquais, séropositif et coordinateur national d’Actif Santé, Le Monde, 26 mars 2012.

Or, bien évidemment, le professeur Jean-Michel Molina, un des principaux responsables de l’étude Ipergay  rappela dans ce même article qu’il ne fut jamais question de laisser des individus testeurs de ce traitement sans aucune protection au risque qu’ils soient contaminés mais bien de mesurer la capacité de ce traitement : « Le fait qu’il y ait un placebo protège au contraire les participants car ils ne savent pas s’ils ont un traitement efficace ou pas, donc l’ignorant, il est très important qu’ils prennent d’autres mesures de prévention. […] ». Quoi qu’il en soit, bien que timidement lancé avec une trentaine de volontaires, l’essai a fini par en attirer plus de 400.

Cette étude a été conjointement menée à l’étude anglaise PROUD qui utilise en revanche une autre méthode : chez des homosexuels hommes répartis dans deux groupes, l’un recevait chaque jour du Truvada® dès la première année, l’autre à partir de la deuxième année. Ces résultats très concluants poussèrent l’étude française à faire lever au plus vite les tests à l’aveugle afin de faire bénéficier de ce traitement à tous les volontaires. Le comité français a ainsi constaté « une différence d’incidence significative entre les deux groupes avec une réduction très importante du risque d’infection par le VIH, bien supérieure à celle observée dans l’essai IPREX. Il recommande en conséquence que tous les participants de l’essai puissent bénéficier de la PrEP (prophylaxie pré-exposition,) par Truvada® « à la demande », au moment de l’exposition sexuelle ». Les résultats complets de l’étude seront disponibles début 2015 mais on évoque une baisse de l’ordre de 80% de réduction du risque, selon le Professeur Molina.

Effectivement, après tant d’années à lutter, cette découverte est un réel espoir pour tous. Ainsi Marisol Touraine, ministre de la Santé, a déclaré publiquement ce samedi 1er novembre sur France 2 : « Les spécialistes du SIDA considèrent que cela ouvre un espoir comme on n’en a pas vu depuis des années ».

Toutefois elle y ajoute fermement afin d’éviter tout malentendu : « Le seul message reste : Protégez-vous ! »

IDELS en consultations infirmières, la meilleure protection contre la séropositivité : le préservatif

En effet si les résultats de cette étude sont très probants, tous les responsables se joignent pour déclarer un même message qu’il ne faudrait surtout pas oublier : ce traitement est efficace par sa combinaison avec d’autres moyens de prévention plus classique et « le préservatif reste la pierre angulaire de la prévention » selon le Professeur Molina.

Si l’espoir est donc de mise, la prudence reste indispensable. Aujourd’hui encore malgré les nombreuses campagnes de prévention, d’actions, de recherches, en France si les chiffres des nouvelles contaminations avaient reculé entre 2004 et 2007, ils restent stables depuis 2008 ce qui correspond selon l’IVS à environ 6.100 découvertes de séropositivité par an en France et 3 millions de nouvelles contaminations à travers le monde. Encore trop.

« Le VIH n’est ni une maladie d’ailleurs, ni une maladie du passé » rappelait Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé lors d’un communiqué de presse pour le lancement du Sidaction 2014.

Ainsi, vous mesdames et messieurs les infirmiers libéraux qui rencontrez jeunes et moins jeunes au plus près, à leur domicile ou lors de consultations infirmières, nous connaissons bien sûr votre implication dans cette lutte quotidienne, restons vigilants et conservons la même ligne de conduite : si aujourd’hui on peut se soigner du SIDA grâce à la trithérapie, on ne peut toujours pas en guérir…

Alors, chers IDELS, afin de soutenir cette cause, qui nous le savons, vous est chère, pourquoi ne pas aider le Sidaction en achetant le très beau double CD Kiss and Love, sorti le lundi 3 novembre, pour accompagner en musique et pour une bonne cause vos tournées de patients quotidiennes ?

Et vous, infirmières et infirmiers libéraux, que pensez-vous de ce type d’étude ? Croyez-vous que l’on puisse réellement influer sur la prévention du risque de contamination au HIV ?