Infirmiers libéraux, nous le savons bien, la majorité de vos patients est âgée, souvent en grande dépendance et redoute les visites médicales avec leur médecin généraliste ou leur spécialiste. Or, sans la visite du généraliste, point de coordination dans le suivi des soins. Et vous ne pouvez pas être toujours là pour accompagner votre patient. Voyons tout d’abord quelles sont les difficultés éprouvées par les généralistes face aux PAD puis quelques solutions, parmi tant d’autres, afin de renouer le dialogue.

Les difficultés des médecins généralistes face au suivi des personnes âgées dépendantes

En 2012, la nouvelle avait fait grand bruit tant elle avait créé débat : le principal syndicat des médecins généralistes (le CMSF) a réclamé d’augmenter les tarifs de consultations de 10 euros pour toutes les personnes âgées de plus de 80 ans. Au final, dès le 1er juillet 2013, les consultations ont été augmentées de 5 euros pour les plus de 85 ans puis au 1er juillet 2014 de 5 euros pour les plus de 80 ans.

« Il s’agit d’une rémunération liée à l’âge, accordée pour les patients poly pathologiques qui nécessitent parfois beaucoup de temps. Cette rémunération de la consultation ou visite de la personne âgée vient en miroir aux majorations des consultations du nourrisson (MNO) et du jeune enfant (MGE) ».

Malgré l’effet discriminant que l’on pourrait y voir, il est évident que le médecin généraliste passe, normalement, et forcément beaucoup plus de temps en consultation avec une personne âgée en perte d’autonomie que pour un rhume des foins…

Une enquête effectuée par la DREES publiée en février 2014, fait un état des lieux précis de ce besoin. « Les médecins déclarent une durée moyenne de 25 minutes lors des visites à domicile (hors temps de déplacement) et de 23 minutes lors des consultations à leur cabinet ». Là où la moyenne des consultations est de 18 minutes en cabinet.

De plus leur rôle pivot dans la coordination des soins à domicile implique que leur patientèle soit composée de multiples cas de polypathologies : « 95 % des médecins généralistes déclarent en suivre au moins une [PAD] et près de 40 % au moins vingt. En moyenne, ces praticiens prennent en charge vingt et une PAD vivant à domicile ».

Ainsi il semblait nécessaire de revaloriser ces actes de consultations à un niveau plus élevé.

Bien souvent aussi, c’est à son infirmier libéral que le patient préférera demander conseil avant la visite chez son médecin généraliste. Comment pouvez-vous lui éviter « l’effet blouse blanche » ?

Comment les infirmiers libéraux peuvent-ils améliorer la communication entre patient et médecin ?

L’enquête de la DREES publiée l’année dernière rappelait aussi que « L’échange ne s’effectue pas toujours avec le seul patient : dans près de 15 % des visites à domicile, le dialogue s’est principalement établi avec une personne accompagnant la personne âgée. Cette proportion s’élève à 25 % pour les consultations au cabinet du médecin ». Une proportion logique qui va de pair avec le degré d’autonomie du patient.

Ce qui n’est pas sans nous rappeler que, finalement, les contraintes liées à la communication entre IDEL et personne âgée sont les mêmes pour les médecins généralistes, la crainte en plus.

Il s’agira donc de conseiller à votre patient, ou à son aidant, d’inscrire sur papier toutes les questions qu’il souhaite poser à son médecin généraliste ou à son spécialiste (cardiologue, diabétologue…) pour ne rien oublier pendant la consultation qui semble toujours trop courte du point de vue de la personne âgée. Bien sûr, il s’agira de noter ou de faire noter les réponses au fur et à mesure de la consultation.

De plus, aidez votre patient à transcrire les effets secondaires de son traitement sur sa santé physique mais aussi morale, cela fera gagner un temps précieux à tous.

Enfin, si l’aidant accompagne la personne âgée, qu’il n’hésite pas à dialoguer avec le médecin afin de répondre aux problématiques du patient mais aussi des siennes. Comme nous l’avons rappelé récemment dans un de nos articles, il existe de nombreux groupes de soutien pour les proches aidants du malade.

Évidemment, il s’agit avant tout de rappeler à votre patient que le médecin est là pour l’écouter, qu’il n’a rien à en craindre et que vous êtes toujours son IDEL ange gardien !

Et vous, infirmières et infirmiers libéraux, quels conseils donnez-vous à vos personnes âgées en amont de leur consultation avec leur généraliste ? Assistez-vous aux visites à domicile du médecin généraliste pour certains de vos patients ?