Et vous les IDELs avez-vous déjà essayé de soulager vos patients par la médecine douce ?

Réflexologie, sophrologie, acuponcture, ostéopathie, naturopathie… De nombreuses médecines alternatives et complémentaires (appelées les MAC) complètent le champ médical traditionnel. Certains organismes proposent des formations aux infirmiers libéraux pour toutes ces techniques « douces », elles font même partie du plan stratégique 2010-2014 de l’AP-HP ! Pour autant elles sont encore loin de faire l’unanimité…

Les médecines alternatives et les soins infirmiers en France

Tout d’abord face à l’évolution rapide de toutes ces techniques rappelons l’essentiel, la loi : « L’infirmier ou l’infirmière ne doit pas proposer au patient ou à son entourage, comme salutaire ou sans danger, un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Il ne doit pas diffuser dans les milieux professionnels ou médicaux une technique ou un procédé nouveau de soins infirmiers insuffisamment éprouvés sans accompagner cette diffusion des réserves qui s’imposent », Article R4312-19 Code de la santé publique.

Ainsi, quels que soient les raisons et les bien-fondés des thérapies complémentaires et alternatives, l’infirmier libéral les pratiquant se doit de toujours rappeler qu’elles ne peuvent en aucun cas remplacer des soins médicaux ni faire de miracles. Elles ne sont qu’alternatives !

Toutefois, malgré ce fait, certaines de ces techniques commencent à faire leurs preuves. A tel point que certains de vos collègues infirmiers libéraux ont choisi d’ajouter pour le bien-être de leur patient une médecine douce en complément de leurs soins infirmiers. C’est le choix d’une de vos collègues du Nord De la France qui, au bout de 28 ans d’exercice en tant qu’infirmière libérale, s’est formée à la réflexologie plantaire pour l’ajouter à ses compétences d’infirmières.

« C’est une thérapie naturelle, manuelle, basée sur la médecine chinoise. Une technique que j’estime complémentaire de mon activité première ».

De plus, notons tout de même que les Hôpitaux de Paris, comme nous vous l’avons annoncé, ont fait une place importante à ces médecines douces dites MAC (Médecines Alternatives et Complémentaires) en les faisant apparaitre dans leur Plan stratégique de 2010 comme « thématique innovante » pour la médecine chinoise.

Cependant les effets des MAC sont loin d’être prouvés et de faire l’unanimité dans le monde des professionnels médicaux. Tout simplement parce que les preuves scientifiques manquent et que, trop souvent, elles ne sont pas encadrées par des professionnels permettant de rappeler qu’elles ne peuvent avoir qu’un rôle secondaire…

Dans quels types de pathologies les médecines parallèles peuvent-elles être utiles en complément des soins prodigués par l’infirmier libéral ?

Selon l’OMS il existe plus de 400 spécialités en médecines alternatives. Elles reposent sur des méthodes fondées sur des produits naturels (phytothérapie, aromathérapie…), des techniques axées sur la manipulation (ostéopathie, chiropraxie…), de thérapies du corps et de l’esprit (hypnothérapie, méditation, sophrologie…) ou de systèmes complets reposant sur des théories (acupuncture, homéopathie…). Face à l’engouement des français pour toutes ces médecines complémentaires, contrôler les praticiens amateurs éclairés (ou pas !) des vrais praticiens formés et compétents devient presque un jeu de piste qui peut parfois tourner au drame lorsque le patient ne se soigne plus conventionnellement.

Il serait donc utile pour encourager ces techniques tout en les contrôlant que la France suive l’exemple de certains pays, comme le Royaume-Uni, la Norvège ou les États-Unis. Ces pays ont créé des plateformes où sont recensés les praticiens légaux et les formations professionnelles, un gage de sécurité indéniable.

Ainsi, l’intérêt qu’un infirmier libéral puisse dispenser ce genre de médecine est qu’il reste garant de la bonne démarche thérapeutique de son patient qui, bien évidemment ne pourra voir en la médecine douce que des apports à son traitement médical et à ses soins infirmiers. En particulier dans le cadre des maladies chroniques ou très invalidantes, où la douleur ne peut être soulagée par voie médicamenteuse.

Le rapport du Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective (CGSP) publié en octobre 2012 rapporte par exemple que le taux d’utilisation des médecines alternatives serait de 80 % chez les patients atteints de cancer.

Enfin, citons l’exemple des structures de lutte contre la douleur : les 125 établissements français accueillant des patients en grande souffrance utilisent des méthodes telles que la relaxation, l’hypnose ou l’acuponcture pour tenter de soulager leurs patients en complément des traitements médicaux traditionnels.

« [Ces techniques] Elles peuvent apporter un bénéfice à ces malades qui présentent souvent des polypathologies très invalidantes en soulageant leur douleur », Nadine Attal, Centre d’évaluation et de traitement de la douleur de l’hôpital Ambroise-Paré.

Et vous, infirmières et infirmiers libéraux, que pensez-vous de l’essor des médecines douces ? Croyez-vous qu’il soit indispensable de créer un contexte légal pour les encadrer ? Avez-vous déjà songé à vous former à une de ses techniques de médecine complémentaire ?