L’infirmière, surtout lorsqu’elle évolue en milieu hospitalier, se dispute la vedette avec l’inévitable hôtesse de l’air. La question de connaitre (dans les moindres détails bien évidemment … :) ) la tenue de cette professionnelle de santé fait partie des fantasmes les plus récurrents dans notre société. Les clichés ont la vie dure, et si l’infirmière libérale est moins concernée par cette envie de découvrir non pas l’envers du décor mais les dessous de la blouse, elle est encore victime d’un grand nombre de préjugés. Petite revue des idées reçues sur les infirmières et les infirmiers libéraux.

Un petit café après les soins ?

Quelle infirmière libérale n’a jamais dû faire face à une demande de l’un de ses patients pour qu’elle lui prépare un café ? Ou quel infirmier libéral n’a pas été prié de changer une ampoule, de ramasser le courrier ? Comme ces professionnels de santé sont présents, pourquoi ne pas leur demander quelques secondes (sic !) de leur temps pour toutes ces petites tracasseries du quotidien. Et en cas de refus, même poli, l’infirmière ou l’infirmier libéral sera alors considéré comme un « asocial » ou quelqu’un d’antipathique. Comme tous les professionnels de santé, l’IDEL a une mission à accomplir (soigner ses patients) et pourtant ce sentiment de « prestataires de nombreux services divers » n’est pas qu’un préjugé mais constitue bien la réalité des infirmières et des infirmiers libéraux.

Payés pour passer chez les gens, c’est sympa non ?

C’est un des préjugés, qui blesse le plus les IDEL(s). Dans l’esprit collectif, visiter les patients à longueur de journée constitue l’alpha et l’oméga d’une profession. Agréable de se transporter de domicile en domicile, de discuter de tout et de rien avec chacun des patients visités, ….Certes, les patients et patientes savent à quel point, la mission des IDEL(s) est aussi complexe que diverse. Pourtant, les croyances populaires ont la vie dure, et ils sont une infime minorité, à connaître les contraintes et les exigences, pesant sur les épaules d’une infirmière ou d’un infirmier libéral. Les tâches administratives, les relations avec les caisses et les mutuelles, les transmissions entre IDEL(s) ou avec un autre professionnel de santé, …Non le métier d’IDEL ne se résume pas en une sympathique tournée quotidienne.

Une grande liberté pour gérer son temps, c’est appréciable pour la qualité de vie !

Pendant plusieurs décennies, les IDEL(s) étaient considérés comme les collaborateurs ou collaboratrices des médecins, des hôpitaux voire même d’infirmières libérales plus expérimentées. La population ne considérait pas alors l’infirmière libérale comme une véritable indépendante mais plus comme une auxiliaire. Ce préjugé a disparu, même s’il en subsiste encore quelques traces.

Désormais, la majorité des citoyens estiment que les IDEL(s) gèrent leur emploi du temps comme bon leur semble. Difficile de leur faire admettre qu’il est difficile d’honorer tous les rendez-vous au cours d’une seule journée de travail. Alors quand un patient demande un passage un quart d’heure plus tôt ou une visite l’après-midi plutôt que le matin, il s’agit bien souvent d’une exigence et non d’une demande. Le casse-tête de l’emploi du temps reste une réalité quotidienne, une triste réalité qui ne disparait pas au cours des vacances ou des week-ends.

Infirmière libérale, un métier qui paie assurément !

L’infirmière libérale n’est plus une religieuse dévouée, connaissant parfaitement toutes ses ouailles et par conséquent tous ses patients. Cette image d’Epinal a été remplacée par une vision plus idyllique. Infirmière libérale, un métier passionnant, qui paie très bien, voilà la croyance la plus répandue dans la société. Il ne s’agit pas de plaindre toute une profession, qui, avouons-le, gagne correctement sa vie. Mais une infirmière ou un infirmier libéral n’a-t-il pas fait des études, justifiant une juste rémunération ? Ne doit-on pas compenser la disponibilité de ces IDEL(s) et l’incompatibilité entre cette profession et la semaine de 35 heures ? Non, les soins facturés au patient ne sont pas entièrement versés dans la poche de ces professionnels de santé. Entre le relevé détaillé reçu par le patient et la rémunération de l’infirmière libérale, on oublie trop souvent les charges payées par l’IDEL, les taxes en tout genre, …

Impossible en quelques lignes de pouvoir lister l’ensemble de ces préjugés à l’encontre des infirmières et des infirmiers libéraux. Et vous, avez-vous déjà été confrontés à l’un ou l’autre de ces préjugés ? En voyez-vous d’autres, qui vous interpellent au quotidien ?