Les infirmières libérales vs les pharmaciens, le combat continue ? - Albus, l'appli des infirmiers

Les infirmières libérales vs les pharmaciens, le combat continue ?

 

On ne peut lister tous les sujets opposant les pharmaciens et les infirmières libérales, tant ils sont nombreux. Et régulièrement, de nouvelles expérimentations viennent attiser cette tension, comme c’est le cas actuellement en Bretagne.

 

 

Infirmières et infirmiers libéraux remontés contre les pharmaciens ?

Par le passé, de nombreux sujets sont venus crisper les relations entre les infirmières libérales d’une part et les pharmaciens d’officine d’autre part. Sans dresser une liste exhaustive des griefs des uns et des autres, force est de constater que de nombreuses infirmières libérales dénoncent une « concurrence déloyale » de la part des pharmaciens, tout en soulignant un émiettement de leurs compétences propres. La question de la vaccination, tout en étant majeure en la matière, n’est pas la seule. Dernièrement, après l’obtention d’un avis favorable de la Haute Autorité de Santé (HAS), ce sont ainsi les droits de vaccination mais aussi de prescription (ces derniers nécessitent une adaptation législative à venir) des sages-femmes, des infirmières et des pharmaciens, qui ont été élargis récemment. Ce fut l’occasion de relancer les hostilités, les infirmières libérales estimant que la vaccination relève de leurs compétences propres, alors que les pharmaciens revendiquent leur bonne implantation et leur reconnaissance des patients. Pour le président de président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO ), M Pierre Olivier VARIOT, les pharmaciens seraient ainsi les mieux positionnés pour assurer l’augmentation de la couverture vaccinale.

« 7 millions de français n’ont pas de médecin traitant et beaucoup de gens ne vont pas voir leur médecin car ils ne sont pas malades ».

Des expérimentations, qui exaspèrent les infirmiers libéraux !

 

Il faut dire que depuis plusieurs mois, les autorités publiques multiplient les expérimentations pour lutter contre les conséquences de la désertification médicale. Tantôt les infirmières libérales sont appelées à la rescousse pour libérer du temps médical, tantôt on sollicite les pharmaciens. Des évolutions plus conséquentes participent également de ce mouvement, que ce soit à travers le déploiement des infirmières en pratique avancée, ou encore la création des postes d’assistants médicaux. Et cette multiplication des expérimentations tend à rendre le message plus difficile à comprendre. Alors que les infirmières libérales revendiquent une place centrale dans l’organisation des soins de ville avec notamment un élargissement de leurs compétences, elles s’insurgent en revanche contre une nouvelle expérimentation initiée en région Bretagne. Baptisée OSyS (Orientation dans le Système de Soins), cette expérimentation a été mise en place par l’association Pharma Système Qualité, et soutenue et validée par l’autorité régionale de santé.

Incluant 50 pharmacies bretonnes, des pharmacies rurales, semi-rurales et côtières, cette expérimentation initiée à l’automne 2021 a pour objectif principal de réduire le nombre de consultations (auprès des médecins généralistes) mais aussi le nombre de passages aux urgences. A son arrivée dans l’officine, le patient est donc pris en charge par le pharmacien, qui conduit un entretien confidentiel. A la suite de ce dernier, le pharmacien peut alors soit prescrire un médicament soit orienter le patient vers un médecin ou les urgences. Ce « conseil pharmaceutique de premier recours » est limité à 13 symptômes courants. Pour Ludovic Jarry-Machefert, un pharmacien participant à l’expérimentation, il n’existe aucun glissement de compétences :

« Nous ne faisons pas de diagnostic, mais un triage qui aboutit à un conseil pharmaceutique et à une orientation. »

 

Un premier bilan a été dressé, et les 50 pharmacies concernées ont accueilli en 6 mois 400 patients, dont un quart seulement a été réorientée vers une consultation médicale. On reconnait dans cette expérimentation des pistes d’étude, soulevées par l’Ordre National des Infirmiers (ONI) lorsque ce dernier proposait ses pistes pour rendre le système de soins plus efficient. Cela suscite non seulement l’exaspération des infirmières et infirmiers libéraux, mais cela engendre aussi une inquiétude quant à la généralisation d’un tel dispositif. Les relations entre les pharmaciens et les IDEL(s) ne vont donc pas s’apaiser dans les prochaines semaines.

 

Et vous, comment jugez-vous cette expérimentation du « conseil pharmacien de 1er recours » ? Estimez-vous qu’il sera généralisé à plus ou moins brève échéance ? Estimez-vous qu’il représente une menace pour l’avenir des infirmières libérales ?

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