Le congé maternité d’une infirmière libérale, ça ne ressemble pas à celui d’une salariée. Pas de maintien de salaire automatique, une allocation forfaitaire à réclamer vous-même, et depuis peu, un nouveau congé qui s’ajoute à l’existant. On reprend tout depuis le début : durée, montants, démarches, et la grande nouveauté 2026.
En résumé : en tant qu’IDEL, vous avez droit à 16 semaines de congé maternité (34 pour des jumeaux), avec une allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 € et une indemnité journalière plafonnée à 65,84 €. Le congé paternité et d’accueil de l’enfant dure 25 jours (32 pour une naissance multiple), en plus des 3 jours de congé de naissance classique. Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau congé supplémentaire de naissance permet à chaque parent de prendre 1 ou 2 mois de plus, indemnisés 46,09 € puis 39,50 € par jour.
Congé maternité IDEL : durée et conditions
Depuis 2006, les infirmières libérales bénéficient d’un congé maternité aligné sur celui du régime général : 16 semaines pour une grossesse simple, 34 semaines pour des jumeaux, et 46 semaines à partir du troisième enfant ou en cas de naissances multiples supérieures à deux. Vous devez impérativement cesser votre activité pendant au moins 8 semaines, dont 6 après l’accouchement, pour ouvrir vos droits.
Pour en bénéficier, il vous faut justifier de 6 mois d’affiliation à la date prévue de l’accouchement, avec vos cotisations à jour.
Combien touchez-vous ? Allocation et indemnités journalières
Deux versements distincts composent votre indemnisation. L’allocation forfaitaire de repos maternel équivaut à la valeur mensuelle du plafond de la Sécurité sociale en vigueur au moment du premier versement, soit 4 005 € au 1er janvier 2026. Elle est versée pour moitié au début de votre congé, et pour moitié à la fin de la période obligatoire de 8 semaines. Si l’accouchement a lieu avant la fin du 7e mois de grossesse, la totalité est versée d’un coup, après la naissance.
À cela s’ajoutent des indemnités journalières, calculées sur vos revenus déclarés à l’Urssaf, plafonnées à 1/730e du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 65,84 € par jour au 1er janvier 2026.
- Envoyez l’attestation d’examen prénatal du 7e mois à votre CPAM pour déclencher le premier versement
- Envoyez le certificat médical d’accouchement pour percevoir le second versement
- Si votre conjoint collaborateur vous remplace ou que vous employez un remplaçant salarié, une allocation de remplacement complémentaire peut s’ajouter, plafonnée à 66,68 € par jour au 1er juin 2026
Depuis janvier 2025, vous ne pouvez plus cumuler ces indemnités maternité avec des indemnités journalières d’inaptitude pendant toute la durée du congé, une règle à garder en tête si vous étiez déjà en arrêt avant votre grossesse.
Congé paternité et d’accueil de l’enfant : ce qu’il faut savoir
Le deuxième parent (conjoint ou conjointe, y compris en union libre ou pacsé) a droit à 3 jours de congé de naissance classique, suivis de 25 jours de congé paternité et d’accueil de l’enfant pour une naissance simple, portés à 32 jours pour une naissance multiple. Soit 28 jours au total dans le cas le plus courant, 35 pour des jumeaux ou plus.
Ce congé se découpe en une première période obligatoire de 7 jours consécutifs juste après la naissance, puis une seconde période de 18 jours (25 pour les naissances multiples), qui peut être prise en une fois ou fractionnée en 3 périodes d’au moins 5 jours chacune. L’indemnité forfaitaire journalière est identique à celle du congé maternité, plafonnée à 65,84 € par jour au 1er janvier 2026, sous réserve d’arrêter complètement votre activité rémunérée pendant cette période.
Nouveauté 2026 : le congé supplémentaire de naissance
Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau droit vient s’ajouter à ces congés, sans les remplacer. Ce congé supplémentaire de naissance permet à chaque parent, y compris en libéral, de prendre 1 ou 2 mois de congé en plus, dans les 9 mois suivant la naissance, simultanément ou en alternance avec l’autre parent.
Le décret n°2026-426 du 30 mai 2026 fixe une indemnisation forfaitaire et dégressive : 46,09 € par jour le premier mois (70 % d’une base de calcul), puis 39,50 € par jour le second mois (60 % de cette même base). Cette base de calcul correspond à 50 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 65,84 € par jour en 2026. Si votre revenu professionnel moyen sur 3 ans est inférieur à 4 582 €, vous touchez une indemnité forfaitaire de 6,58 € par jour, sans dégressivité.
La demande se fait en ligne, via un téléservice dédié sur demarche.numerique.gouv.fr, avec justificatif de cessation totale d’activité à l’appui. Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, vous avez jusqu’au 31 mars 2027 pour poser ce congé. Pour les naissances à partir du 1er juillet 2026, le délai est de 9 mois après la naissance.
Récapitulatif : tous vos congés cumulables
| Congé | Durée | Indemnisation |
|---|---|---|
| Maternité (grossesse simple) | 16 semaines | 4 005 € forfaitaire + IJ jusqu’à 65,84 €/jour |
| Maternité (jumeaux) | 34 semaines | Même barème |
| Paternité et accueil de l’enfant | 28 jours (35 pour naissance multiple) | Jusqu’à 65,84 €/jour |
| Supplémentaire de naissance, 1er mois | 1 mois | 46,09 €/jour |
| Supplémentaire de naissance, 2e mois | 1 mois | 39,50 €/jour |
La prime de naissance, un coup de pouce en plus
Indépendamment de ces congés, la prime à la naissance versée par la CAF dans le cadre de la Paje s’élève à 1 084,43 € par enfant au 1er janvier 2026, sous conditions de ressources. Elle ne dépend pas de votre statut professionnel et se cumule avec vos indemnités de congé.
Organiser la continuité des soins pendant votre absence
Cesser complètement votre activité pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois avec le nouveau congé supplémentaire, suppose d’anticiper le suivi de votre facturation pendant votre absence, que vous soyez remplacée par une consœur ou que votre patientèle soit redistribuée temporairement. Prévenir vos patients suffisamment tôt, et transmettre un dossier de soins à jour à votre remplaçante, reste le meilleur moyen d’éviter les mauvaises surprises à votre retour. Notre article sur la gestion des arrêts de travail et congés en tant qu’IDEL détaille ce type d’organisation pas à pas.
Questions fréquentes
Puis-je cumuler le congé maternité et le nouveau congé supplémentaire de naissance ?
Oui. Le congé supplémentaire de naissance s’ajoute au congé maternité ou paternité, il ne s’y substitue pas. Vous le prenez après votre congé initial, dans les 9 mois suivant la naissance.
Le congé supplémentaire de naissance est-il obligatoire ?
Non, il reste facultatif. Vous choisissez de le prendre ou non, en 1 ou 2 mois, consécutifs ou non.
Que se passe-t-il si j’accouche avant le début du 7e mois de grossesse ?
L’allocation forfaitaire de repos maternel vous est alors versée en une seule fois, après la naissance, plutôt qu’en deux versements échelonnés.
Mon conjoint peut-il prendre le congé supplémentaire de naissance en même temps que moi ?
Oui, les deux parents peuvent le prendre simultanément ou en alternance, chacun dans la limite de 1 à 2 mois, dans les 9 mois suivant la naissance.
Dois-je arrêter complètement mon activité pour toucher ces indemnités ?
Oui, c’est une condition commune à tous ces congés : maternité, paternité, et congé supplémentaire de naissance exigent une cessation totale de votre activité professionnelle rémunérée pendant leur durée.
Entre les tournées à réorganiser et les papiers à envoyer à la CPAM, un congé de naissance demande déjà suffisamment d’énergie sans avoir à jongler avec la facturation. Chez Albus, on continue de suivre ces textes pour vous, pour que vous puissiez profiter de ce moment l’esprit tranquille.



