Vous êtes infirmier ou infirmière en poste et vous vous demandez si la formation IPA est faisable à distance ? La réponse honnête : partiellement, oui. Aucune université ne propose de cursus 100 % distanciel, mais plusieurs ont construit des formats hybrides qui limitent réellement les déplacements. Voici ce qui existe concrètement, université par université.
Points clés
- Aucune formation IPA n’est actuellement 100 % à distance en France (infos-ipa.fr, 2025).
- À l’Université d’Angers, la 1re année combine 322 heures de présentiel et 280 heures à distance, soit près de la moitié du temps hors campus (Université d’Angers, 2025).
- À Caen, le distanciel passe par la plateforme Collegium Santé, avec une semaine de regroupement en présentiel chaque mois.
- Les stages cliniques, les travaux pratiques et la soutenance du mémoire restent obligatoirement en présentiel, quelle que soit l’université.
Pour les conditions d’accès, le coût et le calendrier général de la formation IPA, consultez notre article. Ici, on se concentre uniquement sur la question du distanciel.
Existe-t-il une formation IPA vraiment à distance ?
Non, aucun cursus IPA n’est intégralement distanciel en France à ce jour (infos-ipa.fr, 2025). Une partie des enseignements théoriques peut se suivre en ligne, mais les stages cliniques doivent se dérouler dans de vrais services de soins, et certains travaux dirigés ou séances de simulation exigent une présence physique.
C’est une différence importante avec d’autres masters universitaires qui proposent un format FOAD (formation ouverte et à distance) complet. Pour l’IPA, mieux vaut parler d’hybridation partielle que de télétravail étudiant : le distanciel réduit la fréquence des trajets, il ne les supprime pas.
Quelles universités proposent un format hybride, et comment s’organisent elles ?
Cinq universités illustrent bien la diversité des formats disponibles, du plus distanciel au plus classique. L’organisation change fortement d’un établissement à l’autre, ce qui rend la comparaison indispensable avant de candidater.
Université d’Angers : le format le plus documenté
La première année s’organise en 9 sessions de 5 jours en présentiel, soit 322 heures, complétées par 280 heures à distance réparties sur environ 40 jours dans l’année (Université d’Angers, 2025). Concrètement, cela représente environ une semaine de présentiel par mois, le reste du temps se répartissant entre distanciel encadré et travail personnel.
Université de Caen : le rythme mensuel
À Caen, les enseignements en distanciel passent par la plateforme Collegium Santé, avec une semaine de regroupement en présentiel chaque mois. Ce rythme mensuel se rapproche de celui d’Angers, même si les deux universités utilisent des outils numériques différents.
Université Côte d’Azur : hybride confirmé, détails à vérifier au cas par cas
Le DE IPA de l’Université Côte d’Azur est annoncé comme un format hybride à temps partiel (Université Côte d’Azur). En revanche, la répartition exacte entre semaines de présentiel et semaines à distance n’est pas publiée en détail sur le site de la faculté. Mieux vaut demander cette information directement au secrétariat pédagogique avant de candidater.
Université de Poitiers : un distanciel qui dépend de la mention choisie
À Poitiers, la deuxième année peut se dérouler sur place, dans une université partenaire du Grand Ouest ou de Nouvelle-Aquitaine, ou en distanciel, selon la mention choisie (Université de Poitiers). C’est une organisation à géométrie variable : le distanciel disponible pour la mention oncologie n’est pas forcément le même que pour la mention urgences.
Université de Bordeaux : peu de vrai distanciel
À l’inverse, la formation à Bordeaux reste majoritairement en présentiel à temps plein, avec seulement quelques enseignements ponctuels en visioconférence (Université de Bordeaux). Si le distanciel est un critère décisif dans votre choix, ce n’est probablement pas l’université à privilégier.
Dans la pratique, deux universités qui affichent toutes les deux un format hybride peuvent recouvrir des réalités très différentes. Demander le planning détaillé d’une promotion précédente, avant de candidater, évite les mauvaises surprises en cours d’année.
Qu’est-ce qui reste obligatoirement en présentiel, quelle que soit l’université ?
Trois éléments du cursus IPA échappent systématiquement au distanciel, même dans les formats les plus hybrides. Les stages cliniques d’abord, puisqu’ils exigent une présence physique auprès de patients réels, dans un service ou un cabinet. Les séances de simulation et travaux pratiques ensuite, qui reposent sur du matériel et un encadrement sur site. La soutenance du mémoire de fin d’études enfin, qui se déroule devant un jury en présentiel dans la quasi-totalité des universités.
Cette réalité fixe une limite claire à ce que le distanciel peut réellement changer dans votre organisation. Il allège le temps passé en amphithéâtre, il ne dispense jamais des périodes de stage, qui représentent une part croissante du cursus en 2e année.
Le distanciel en formation infirmière est-il fiable ?
La question mérite d’être posée avec un peu de recul historique. Pendant les confinements de 2020, la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers rapportait que 30 % des étudiants en soins infirmiers n’avaient pas accès à un espace numérique de travail, et 89 % ne pouvaient pas se connecter à la plateforme nationale UNES (Actusoins, 2020).
Cet épisode est daté et ne reflète pas l’organisation actuelle des formations IPA, construites depuis sur des plateformes dédiées comme Collegium Santé à Caen. Il reste utile comme rappel : un format hybride mal outillé peut vite tourner à la surcharge de travail personnel non encadré. C’est une bonne raison de plus pour vérifier concrètement, avant de candidater, quel outil numérique chaque université utilise réellement.
Foire aux questions
La formation IPA est-elle compatible avec un poste infirmier à temps plein ?
Partiellement. Les universités avec un rythme mensuel, comme Angers ou Caen, permettent de conserver une activité professionnelle réduite entre les semaines de regroupement. Un temps plein classique reste difficile à tenir sur les 2 années, notamment à cause des stages.
Quelle université choisir pour maximiser le distanciel ?
Angers propose l’organisation la plus documentée, avec 280 heures à distance sur la première année. Caen et Poitiers offrent aussi des options hybrides, mais avec des modalités qui varient selon la mention ou l’année du cursus.
Les stages peuvent-ils se faire près de chez soi en formule hybride ?
Cela dépend des conventions de chaque université avec les établissements de santé de la région. Le format hybride ne garantit pas automatiquement un stage local : ce point se négocie au cas par cas avec le secrétariat pédagogique.
Le distanciel affecte-t-il la qualité de la formation ?
Rien n’indique une différence de niveau entre les promotions en format hybride et en présentiel classique. Le point de vigilance porte sur l’outil numérique utilisé et l’encadrement pédagogique à distance, pas sur le contenu académique lui-même.
En résumé
Le distanciel en formation IPA existe, mais sous forme d’hybridation partielle, jamais de cursus complet à distance. Angers et Caen se distinguent par des formats mensuels bien rodés, Poitiers varie selon la mention, et Bordeaux reste largement présentiel. Dans tous les cas, les stages, les travaux pratiques et la soutenance du mémoire imposent une présence physique incompressible.




