Le télésoin ancré dans la pratique quotidienne de l’infirmière - Albus, l'appli des infirmiers

Le télésoin ancré dans la pratique quotidienne de l’infirmière

 

Alors qu’il a été utilisé pour pouvoir surmonter la crise sanitaire du coronavirus, le télésoin est désormais inscrit à s’ancrer dans la réalité du quotidien pour les infirmières libérales comme pour bien d’autres soignants.

La télémédecine et le télésoin dans le système de santé en France

Le 3 juin 2021, un décret et un arrêté sont venus faire évoluer la législation française en matière de télésanté, et plus précisément en ce qui concerne le télésoin. Certains acteurs spécialisés en la matière se félicitent de cette avancée, qui concerne les infirmières et infirmiers, en soulignant que cette évolution était attendue depuis longtemps (l’encadrement de la télémédecine a été posé il y a plus de 10 ans, en 2009). Natalie Salles, présidente de la Société Française de Santé Digitale, confirme cette approche interprofessionnelle

Le télésoin est le maillon qui manquait au parcours de soins coordonné. On l’a voulu clinique, pratique et porté sur le parcours patient.

Pourtant, les professionnels de santé ne partagent pas tous cet enthousiasme, certains soulignant la nécessité de réformer les décrets de compétences, comme les infirmières et infirmiers. Mais cette crainte ne doit pas masquer la satisfaction des professionnels eux-mêmes. A la fin de l’année 2019 (et donc avant la crise sanitaire), 68 % des infirmiers soulignaient avoir une bonne opinion de la télémédecine (sondage réalisé par Odoxa pour l’Agence du Numérique en Santé). Patrick Chamboredon, président de l’Ordre National des Infirmiers (ONI), résume parfaitement cette situation : « C’est une avancée majeure pour les patients et les professionnels de nature à tendre vers l’émancipation des infirmiers. Il va falloir réinventer les parcours de soins et faire différemment »

Le télésoin, une nouvelle modalité de soin ouverte aux infirmières et infirmiers

Cette évolution de la doctrine des autorités sanitaires a été renforcée par la crise sanitaire. Depuis l’apparition de l’épidémie de coronavirus, les autorités ont multiplié les mesures dérogatoires pour autoriser 18 professions non médicales à recourir au télésoin, notamment pour satisfaire aux exigences sanitaires de cette période de crise. Début juin, les autorités ont souhaité ancrer cette adaptation d’urgence dans la réalité en l’inscrivant dans les pratiques quotidiennes des soignants.

La haute Autorité de Santé (HAS) a déjà édicté la liste des bons usages du télésoin, en soulignant qu’il ne s’agit que d’une nouvelle modalité, qui ne peut pas être imposée dans tous les cas et qui ne pourra donc plus être systématiquement rejeté. C’est ce que résume Vanessa Hernando, cheffe de projet au sein de la Mission numérique en Santé (MNS) « Nous n’avons pas exclu de situations a priori à l’exception des situations où il faut un contact direct ou un matériel spécifique » Les infirmières libérales et hospitalières vont devoir apprendre à gérer cette nouvelle modalité de soins et surtout réussir à l’intégrer à leurs pratiques quotidiennes.

 

Soigner à distance sans perdre le lien infirmière – patient, le défi du télésoin

 

Avant la crise du coronavirus, l’enquête d’Odoxa avait permis de souligner que 72 % des infirmières et infirmiers craignaient que le télésoin dégrade la relation avec le patient, qu’il soit à l’origine d’une « déshumanisation du lien patient / soignant ». Et on retrouve cette inquiétude parmi les patients eux-mêmes. Bien qu’ils se soient habitués à ces soins à distance, crise sanitaire oblige, ils redoutent cette distance avec leur infirmière ou infirmier. Cette crainte a été prise en compte par les autorités publiques, et la HAS souligne que le télésoin ne doit pas être décidé unilatéralement par l’infirmière ou le professionnel de santé. Le patient est partie prenante et la HAS a même publié un guide d’information à destination des patients, en expliquant à ceux-ci qu’ « à tout moment, si vous le préférez, vous pouvez lui demander de réaliser la prochaine consultation ou le soin en présentiel. »

Ce sont donc bien des mois voire des années, qui seront nécessaires pour que le télésoin s’inscrive comme une modalité à part entière aux yeux des patients mais aussi des infirmières et des soignants.

Et vous, êtes-vous satisfait de voir le télésoin inscrit dans les pratiques du quotidien ? Quelles évolutions voyez-vous à moyen ou à long terme ? cela va-t-il changer votre manière d’aborder votre activité ?

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