Les patients stomisés font partie du quotidien de beaucoup d’infirmières libérales. Colostomie après résection colorectale, iléostomie de protection, urétérostomie après cystectomie : les profils sont variés, les soins aussi. Au-delà du geste technique, l’IDEL joue un rôle clé dans l’acceptation de la stomie par le patient et dans la prévention des complications péristomiales. Sur le plan de la cotation, deux codes NGAP structurent ces soins.
Cotation soins de stomie IDEL : le tableau des codes NGAP
| Type de soin | Code | Jusqu’au 6/11/2026 | À partir du 7/11/2026 | À partir du 1/11/2027 |
|---|---|---|---|---|
| Pansement de stomie (colostomie, iléostomie, urétérostomie) | AMI 3 | 9,45 € | 10,05 € | 10,35 € |
| Irrigation colique post-stomie définitive (suites immédiates, max 20 séances) | AMI 4 | 12,60 € | 13,40 € | 13,80 € |
Source : NGAP Ameli.fr. Tarifs métropole.
Colostomie, iléostomie, urétérostomie : trois stomies, trois réalités
Toutes les stomies se cotent AMI 3, mais elles ne se ressemblent pas en pratique. Connaître leurs spécificités aide à anticiper la charge de soins et à mieux préparer chaque passage.
La colostomie
Fréquente après une chirurgie colorectale, la colostomie est généralement localisée à gauche de l’abdomen. Elle produit des selles de consistance normale à semi-molle. La poche doit être changée deux à trois fois par jour selon les habitudes du patient. Certains dispositifs permettent la vidange sans changement complet à chaque défécation, ce qui simplifie la gestion autonome. Les complications cutanées restent moins fréquentes qu’avec une iléostomie, à condition que l’appareillage soit bien adapté au stomate.
L’iléostomie
Localisée à droite de l’abdomen, l’iléostomie produit un effluent très liquide, car les selles n’ont pas transité par le côlon. La poche doit être vidée quatre à six fois par jour, parfois jusqu’à dix fois. Ce liquide est particulièrement agressif pour la peau péristomiale : les irritations et les lésions cutanées sont plus fréquentes et peuvent nécessiter des passages plus rapprochés. L’évaluation de la peau à chaque soin est indispensable.
L’urétérostomie (urostomie)
L’urostomie draine les urines en continu. La poche est munie d’un robinet et doit être vidée dès qu’elle atteint 300 ml, soit six à dix fois par jour. La nuit, une poche de nuit plus volumineuse est souvent raccordée pour éviter les levers fréquents. L’appareillage est étanche et spécifique. La surveillance du méat urétéral et de la peau péristomiale est primordiale pour détecter une sténose débutante ou une infection.
Le soin concret : matériel et déroulé
Un pansement de stomie, c’est bien plus que changer une poche. À chaque passage, l’infirmière inspecte la stomie et la peau péristomiale, retire le dispositif usagé, nettoie soigneusement la zone, contrôle l’aspect et la vitalité du stomate, puis replace un appareillage adapté. Elle évalue aussi la tolérance cutanée : rougeur, macération, irritation ou lésion débutante sont autant de signaux qui orientent vers un changement de dispositif ou une consultation avec le médecin prescripteur.
Le matériel à prévoir :
- poches collectrices adaptées au type de stomie (une pièce ou deux pièces selon le schéma corporel)
- produits de nettoyage doux, compresses non tissées
- protections cutanées si besoin : pâte, anneau protecteur, poudre hydrocolloïde en cas d’irritation
- ciseaux pour découper le volet si le format n’est pas prédécoupé
- sac pour l’élimination des DASRI
Le rôle dans l’éducation thérapeutique
En dehors du soin lui-même, l’IDEL accompagne le patient vers l’autonomie. Un patient stomisé récent doit apprendre à manipuler sa poche, à reconnaître les signes d’alerte et à gérer les imprévus du quotidien. L’infirmière libérale assure souvent ce rôle d’enseignement en relais de l’équipe hospitalière, séance après séance.
Ce temps d’éducation ne donne pas lieu à une cotation distincte dans le cadre des soins de stomie courants, mais il fait partie intégrante de l’acte. L’objectif est que le patient gère progressivement ses soins de façon autonome, ce qui peut faire évoluer la fréquence des passages au fil du temps.
L’irrigation colique : un soin post-opératoire spécifique
Dans les suites immédiates d’une stomie définitive, certains patients bénéficient d’irrigations coliques pour rééduquer le transit. Ce soin, plus technique et plus long qu’un simple pansement, est coté AMI 4. La NGAP le limite à vingt séances maximum, correspondant à la phase post-opératoire précoce. Au-delà de ces vingt séances, la cotation revient à l’AMI 3 du pansement de stomie standard.
Cumul avec d’autres actes et cas BSI
Le pansement de stomie ne bénéficie pas de dérogation à l’article 11B. Si vous réalisez un soin de stomie et un autre acte lors du même passage, la règle classique s’applique : l’acte le plus coté à taux plein, le second à 50 %. Exception notable : si ce second acte est une prise de sang, les deux se facturent à taux plein grâce à la dérogation spécifique à la prise de sang.
Pour les patients sous BSI, vérifiez si les soins de stomie sont intégrés dans le forfait avant de les facturer séparément. La NGAP version juin 2026 détaille l’ensemble des libellés applicables aux soins portant sur l’appareil digestif et urinaire.
Questions fréquentes
Le changement de poche seul sans inspection de la stomie se cote-t-il AMI 3 ?
Le libellé NGAP inclut l’ensemble du soin : retrait du dispositif, nettoyage, inspection et remise en place. En pratique, il est impossible de changer une poche sans inspecter le stomate, ce qui justifie l’AMI 3 dans la quasi-totalité des cas.
Peut-on facturer un pansement de plaie péristomiale en plus du soin de stomie ?
Si la peau péristomiale présente une lésion nécessitant un soin distinct du pansement de stomie habituel, un acte complémentaire peut être facturé lors du même passage. La règle de cumul de l’article 11B s’applique : l’acte le plus coté à 100 %, le second à 50 %.
La fréquence des soins de stomie est-elle encadrée par la NGAP ?
Non. C’est la prescription médicale qui définit le rythme des passages. Un patient avec des complications cutanées peut légitimement nécessiter un passage quotidien, voire deux. La fréquence évolue aussi en fonction de l’autonomie acquise par le patient au fil des semaines.
Le soin de stomie se cumule-t-il avec une prise de sang lors du même passage ?
Oui, et les deux se facturent à taux plein. La prise de sang bénéficie d’une dérogation à l’article 11B qui lui permet de se cumuler à 100 % avec un autre acte, quelle qu’en soit la nature. AMI 3 pour la stomie et AMI 1,5 pour le prélèvement veineux : aucune réduction sur l’un ou l’autre.
Pour retrouver l’ensemble des règles NGAP qui encadrent votre facturation au quotidien, le guide complet de la cotation IDEL détaille chaque famille d’actes, des injections aux forfaits de dépendance.





