Que fait concrètement un IPA en oncologie, et que peut-il prescrire sans repasser par l’oncologue à chaque fois ? Cette mention structure tout un pan du suivi des patients sous traitement anticancéreux, avec un droit de renouvellement de traitement encadré mais réel. Voici le rôle exact de cette mention, ses prescriptions autorisées et ses débouchés.
Points clés
- La mention oncologie et hémato-oncologie représente 8,5 % des diplômés IPA de la promotion 2026, l’avant-dernière mention en effectifs (UNIPA, 2026).
- L’IPA oncologie réalise des consultations de suivi en alternance avec l’oncologue, pour des patients sous chimiothérapie, immunothérapie, thérapie ciblée ou hormonothérapie.
- L’arrêté du 25 avril 2025 fixe une liste précise de prescriptions autorisées : antiémétiques, laxatifs, antalgiques de palier 2, fer injectable.
- Contrairement à la mention urgences, ces prescriptions ne peuvent pas être renouvelées sans concertation médicale.
Pour une vue d’ensemble des 5 mentions IPA et de leurs effectifs respectifs, découvrez notre article.
Que fait un IPA en oncologie au quotidien ?
L’IPA oncologie assure des consultations de suivi en alternance avec l’oncologue ou le radiothérapeute, pour des patients sous chimiothérapie orale ou intraveineuse, immunothérapie, thérapie ciblée ou hormonothérapie (infos-ipa.fr). Chaque consultation comprend un interrogatoire, un recueil des effets secondaires ressentis par le patient et un examen clinique.
Sur la base de ces éléments, l’IPA peut renouveler la prescription du traitement anticancéreux, avec une possibilité d’ajuster la posologie si nécessaire. Le suivi se prolonge souvent en dehors de la consultation physique : appels téléphoniques ou outils connectés permettent de repérer précocement l’apparition d’effets secondaires entre deux rendez-vous.
Que peut prescrire un IPA oncologie, précisément ?
L’arrêté du 25 avril 2025 détaille, dans son annexe VII, les prescriptions propres au domaine oncologie et hémato-oncologie, sous réserve d’un diagnostic médical préalable (Légifrance, 2025). La liste couvre notamment :
- Les antiémétiques antagonistes des récepteurs dopaminergiques D2 (métoclopramide, métopimazine, alizapride).
- Les antiémétiques antagonistes des récepteurs sérotoninergiques de type 3, dits setrons (granisétron, ondansétron, palonosétron).
- Les laxatifs par voie orale et par voie rectale.
- Les topiques émollients et hydratants, ainsi que certaines préparations magistrales.
- Les antalgiques de palier 2 (codéine, dihydrocodéine, tramadol).
- Le fer carboxymaltose injectable, lorsque les préparations de fer par voie orale se révèlent inefficaces.
Cette liste répond directement aux effets secondaires les plus fréquents des traitements anticancéreux : nausées, constipation, sécheresse cutanée, douleurs modérées et anémie ferriprive. C’est une prescription pensée pour gérer la tolérance du traitement, pas pour initier une nouvelle ligne thérapeutique.
Pourquoi l’IPA oncologie ne peut-il pas renouveler seul indéfiniment ?
Le même arrêté précise, pour chaque domaine d’intervention sauf les urgences, que les prescriptions listées ne peuvent pas être renouvelées sans concertation médicale. En oncologie, cela signifie qu’un renouvellement de traitement anticancéreux reste encadré par un point régulier avec l’oncologue référent, même si l’IPA mène la consultation de suivi de façon autonome.
Où exerce un IPA oncologie, et qui recrute ?
Les débouchés couvrent les services d’oncologie hospitaliers, les centres de lutte contre le cancer (CLCC), l’hospitalisation à domicile, les réseaux de cancérologie et certaines maisons de santé pluriprofessionnelles qui suivent des patients en rémission. Le réseau Unicancer, qui regroupe les CLCC français, représente à lui seul plus de 25 500 professionnels de santé (Unicancer).
C’est un vivier de postes plus concentré géographiquement que la mention pathologies chroniques stabilisées, qui se déploie plus largement en soins primaires. Les postes IPA oncologie restent donc souvent liés à la présence d’un service de cancérologie structuré à proximité.
Comment se former à la mention oncologie et hémato-oncologie ?
Cette mention se prépare en 2e année de DE IPA, après le tronc commun de 1re année. Plusieurs universités la proposent, dont l’UFR Santé de Rouen et l’Université Paris-Est Créteil, qui a construit un Master 2 dédié aux pratiques avancées en soins d’oncologie (PAS-CAL) en plus du parcours DE IPA classique.
Foire aux questions
Un IPA oncologie peut-il initier seul une chimiothérapie ?
Non. Son rôle porte sur le suivi et le renouvellement encadré du traitement déjà prescrit par l’oncologue, pas sur l’initiation d’une nouvelle ligne thérapeutique.
Quelles molécules un IPA oncologie peut-il prescrire ?
Principalement des traitements de confort liés aux effets secondaires : antiémétiques, laxatifs, antalgiques de palier 2 et fer injectable, selon la liste fixée par l’arrêté du 25 avril 2025.
Où travaillent la majorité des IPA oncologie ?
Principalement dans les services hospitaliers de cancérologie et les centres de lutte contre le cancer du réseau Unicancer, ainsi qu’en hospitalisation à domicile pour le suivi des patients en traitement ambulatoire.
Cette mention est-elle plus difficile d’accès que les autres ?
Elle ne représente que 8,5 % des diplômés IPA 2026, en partie à cause d’un accès aux stages plus limité que pour les mentions généralistes, concentré sur les services de cancérologie.
En résumé
L’IPA oncologie assure un suivi rapproché des patients sous traitement anticancéreux, avec un droit de renouvellement de prescription encadré par une liste précise et une concertation médicale régulière. Contrairement à l’urgences, elle ne bénéficie pas d’un droit de renouvellement autonome, mais elle occupe une place centrale dans la gestion des effets secondaires au long cours.




