Les 5 mentions du diplôme IPA n’attirent pas du tout le même nombre de candidats. Une mention sur deux, à elle seule, concentre plus de la moitié des diplômés. Avant de choisir la vôtre, mieux vaut savoir ce qui différencie réellement ces spécialisations : débouchés, actes autorisés, et poids de chacune dans la profession.
Points clés
- La mention pathologies chroniques stabilisées représente à elle seule 54 % des diplômés IPA de la promotion 2026, loin devant les 4 autres mentions réunies (UNIPA, 2026).
- La mention urgences, la plus récente (2021), ne représente encore que 10 % des diplômés, malgré une forte demande des services d’accueil des urgences.
- Un arrêté du 25 avril 2025 a créé deux nouvelles listes de prescriptions : une commune à toutes les mentions, une autre spécifique à chaque domaine d’intervention.
- Oncologie, néphrologie et urgences réunies ne pèsent plus que 22 à 23 % des effectifs, une part qui s’érode lentement depuis plusieurs années.
Pour la définition du statut IPA et le cadre légal général, direction notre article
Quelles sont les 5 mentions du diplôme IPA ?
Le diplôme d’État d’IPA se décline en 5 mentions reconnues par le Code de la santé publique, chacune correspondant à un domaine d’intervention précis fixé par arrêté. La première version du diplôme, en 2018, n’en comptait que 3 : pathologies chroniques stabilisées, oncologie et hémato-oncologie, maladie rénale chronique. La psychiatrie et santé mentale a été ajoutée en 2019, puis les urgences en 2021.
Chaque mention a son propre référentiel de compétences, ses propres actes autorisés et, depuis peu, ses propres listes de prescription détaillées. Un arrêté du 25 avril 2025 a modifié le texte fondateur de 2018 pour créer deux annexes distinctes : une liste de prescriptions commune à toutes les mentions, et une liste complémentaire propre au domaine d’intervention de chaque IPA (Légifrance, 2025). Concrètement, un IPA mention urgences et un IPA mention oncologie ne peuvent pas prescrire exactement les mêmes produits de santé.
Pourquoi une mention sur deux domine-t-elle les effectifs ?
Sur la promotion 2026 des diplômés en 2e année, la mention pathologies chroniques stabilisées représente à elle seule 54,16 % des effectifs, soit 482 diplômés, suivie par la psychiatrie et santé mentale avec 23,15 % (206 diplômés). Les urgences, l’oncologie et la néphrologie se partagent le reste, avec respectivement 10,11 %, 8,54 % et seulement 4,04 % des effectifs (UNIPA, 2026).
Cette concentration n’est pas un hasard de calendrier. Pathologies chroniques stabilisées et psychiatrie sont aussi les deux mentions qui trouvent le plus facilement des débouchés en soins primaires et en exercice coordonné, deux secteurs où la demande de suivi médical délégué explose. À l’inverse, oncologie, néphrologie et urgences exigent un environnement hospitalier plus spécifique pour exercer, ce qui limite mécaniquement le nombre de postes disponibles à la sortie du diplôme.
Mention pathologies chroniques stabilisées : la voie la plus généraliste
Cette mention couvre la prévention et le suivi des polypathologies courantes en soins primaires : diabète, hypertension artérielle, BPCO stabilisée. C’est la mention la plus proche du métier de médecin généraliste dans sa logique de suivi global, ce qui explique son succès en maison de santé pluriprofessionnelle et en cabinet de groupe.
Avec 482 diplômés sur la seule promotion 2026, c’est de loin la mention la plus représentée, et probablement celle avec le marché de l’emploi le plus large en ambulatoire.
Mention psychiatrie et santé mentale : la 2e mention en nombre de diplômés
Ajoutée en 2019, cette mention reste en partie réservée à l’accès direct pour les infirmiers issus du secteur psychiatrique (ISP). Elle représente 23 % des diplômés 2026, un poids qui confirme une demande forte des services de psychiatrie et de santé mentale, où le suivi de patients chroniques par un professionnel formé au-delà du rôle infirmier classique répond à une tension de moyens bien documentée.
Mention urgences : la plus récente, encore loin de son potentiel
Créée par le décret du 24 octobre 2021, cette mention répond à la tension chronique sur les services d’accueil des urgences. Elle ne représente pourtant que 10 % des diplômés 2026, un chiffre qui reste modeste au regard des besoins exprimés par les services d’urgences eux-mêmes.
La question de la place exacte de l’IPA urgences aux côtés du médecin urgentiste, des protocoles de tri qu’il peut appliquer, et des débouchés concrets mérite un traitement à part entière. Découvrez notre article détaillé de ce que fait un IPA urgences au quotidien, la formation spécifique requise et les services qui recrutent.
Mention oncologie et hémato-oncologie : un suivi de long terme
Cette mention forme au suivi des patients en traitement ou en surveillance post-cancer, en coordination étroite avec les oncologues et les équipes de soins de support. Elle représente 8,5 % des diplômés 2026, une part qui s’érode lentement, en partie à cause d’un accès aux stages plus contraint que pour les mentions généralistes. Pour en savoir plus sur les IPA spécialisés en oncologie découvrez notre article.
Mention maladie rénale chronique : la plus petite en effectifs
Centrée sur la dialyse, la transplantation rénale et le suivi néphrologique, cette mention ne représente que 4 % des diplômés 2026, la plus faible des 5. Ce chiffre reflète un vivier de postes plus restreint, concentré dans les services de néphrologie et les centres de dialyse, plutôt qu’un désintérêt pour le domaine.
Comment choisir sa mention ?
Le choix dépend d’abord du service ou du secteur dans lequel vous voulez évoluer après le diplôme, bien plus que du nombre de diplômés déjà en poste dans chaque mention. Une mention à faibles effectifs, comme la néphrologie, peut aussi signifier moins de concurrence sur les postes disponibles localement.
Toutes les universités habilitées ne proposent pas les 5 mentions : certaines se concentrent sur 2 ou 3 mentions selon les besoins hospitaliers de leur région. Vérifiez la liste des mentions ouvertes pour l’année en cours directement sur le site de la faculté visée avant de construire votre projet professionnel autour d’une mention précise.
Foire aux questions
Quelle est la mention IPA la plus demandée ?
Pathologies chroniques stabilisées, avec 54 % des diplômés de la promotion 2026, loin devant les 4 autres mentions réunies (UNIPA, 2026).
Toutes les mentions donnent-elles accès aux mêmes prescriptions ?
Non. Depuis l’arrêté du 25 avril 2025, une liste de prescriptions commune s’applique à tous les IPA, complétée par une liste spécifique à chaque domaine d’intervention. Un IPA oncologie et un IPA urgences n’ont donc pas exactement les mêmes droits de prescription.
Peut-on changer de mention après le diplôme ?
Cela suppose de reprendre une formation complémentaire dans la nouvelle mention visée. Le DE IPA ne donne pas automatiquement accès aux compétences des autres mentions, chacune ayant son propre référentiel.
Pourquoi la mention urgences reste-t-elle minoritaire malgré la demande ?
C’est la mention la plus récente, créée en 2021, ce qui limite encore le nombre de promotions sorties. Elle ne représente que 10 % des diplômés 2026, un chiffre en croissance mais encore loin des besoins exprimés par les services d’urgences.
En résumé
Les 5 mentions IPA ne se valent pas en nombre de diplômés ni en débouchés : pathologies chroniques stabilisées et psychiatrie concentrent plus des trois quarts des effectifs, tandis qu’urgences, oncologie et néphrologie restent minoritaires malgré des besoins de terrain réels. Depuis 2025, chaque mention a aussi ses propres droits de prescription, ce qui renforce l’intérêt de bien choisir sa spécialisation dès le départ.




