Le développement professionnel continu, rendu obligatoire par la loi « Hôpital, patients, santé, territoires » de 2009, est entré en vigueur pour les 9 catégories de professionnels de santé concernés au 1er janvier 2013. Si cette nouvelle formule de formation a connu un fort succès auprès des personnels, en particulier IDELS, elle a été mise à rude épreuve par de nombreux dysfonctionnements informatiques, budgétaires et humains. Un rapport de l’IGAS réalisé à la demande de Mme Marisol Touraine a été publié le 30 avril 2014 dans le but d’améliorer le système de l’OGDPC sans pour autant annuler la réforme.

Les infirmiers libéraux, de grands adeptes du développement professionnel continu

Mise en place en janvier 2013, cette réforme de la formation a voulu axer son objectif sur deux points essentiels à l’amélioration des soins : l’approfondissement des connaissances initiales mais aussi l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP). Une étape rendue désormais obligatoire pour le professionnel tant libéral qu’hospitalier qui doit maintenant remplir cette obligation annuellement.

De ce fait les formations, proposées d’une façon quelque peu disparates voire anarchiques par le passé, se sont enfin inscrites dans un processus de santé national ou régional, sous l’égide d’un seul et même organisme de contrôle, de gestion et d’organisation : l’OGDPC (Organisme gestionnaire du développement professionnel continu). À la fin de cette première année de mise en place, le bilan s’impose.

Invitée aux 3e États généraux infirmiers organisés par les trois principaux syndicats infirmiers le 25 mars 2014,  Madame Monique Weber directrice générale de l’OGDPC, affirmait que « les infirmiers libéraux étaient pour le DPC une profession modèle ». Les chiffres des inscriptions aux sessions de formations publiés sur le site www.mondpc.fr sont en effet éloquents :

  • 18 000 médecins
  • 12 600 infirmiers, bien qu’il soit précisé par Monique Weber que les libéraux sont plus « impliqués » dans le processus.
  • 7 000 pharmaciens
  • 5 000 masseurs-kinésithérapeutes
  • 4 600 chirurgiens-dentistes
  • 2 000 orthophonistes
  • 800 pédicures podologues
  • 800 sages-femmes
  • 700 orthoptistes

De plus, rappelons qu’il existe, selon la responsable de l’organisme, 1 560 organismes proposant des programmes de DPC destinés aux infirmiers, sans compter ceux qui apparaîtront après leur validation auprès des comités scientifiques (HCPP).

Allez, les infirmiers libéraux, il ne vous reste plus qu’à vous inscrire tout en comptant sur votre fidèle logiciel infirmier pour gérer vos difficultés d’emploi du temps !

Bientôt la réforme de la réforme ?

Ainsi un total de 52 000 professionnels de santé différents s’est inscrit en 2013 sur les 7400 sessions de formations proposées. Un résultat plutôt encourageant pour l’avenir ! En admettant que ce futur radieux ne vienne pas être troublé par les divers dysfonctionnements mis en lumière cette première année…

L’OGDPC aurait été, selon sa directrice générale, « […] victime de son succès. »  : une petite équipe était en place, un budget insuffisant débloqué et une gestion totalement informatisée, trop systématisée ? Des erreurs de « débutants » qui auraient été la source de bon nombre de problèmes d’inscriptions, de gestions de dossiers et de remboursements.

Ainsi, Marisol Touraine, ministre de la Santé, souhaita améliorer le fonctionnement de l’organisme en ordonnant un rapport à l’IGAS, publié dans sa totalité il y a peu. Ce rapport fait état de beaucoup de maladresses et d’erreurs, mais rien de réellement insurmontable : « À son terme, le contrôle de l’organisme révèle des dysfonctionnements mais pas de manquements graves.».

Toutefois, il y est convenu d’adapter le système : en le rendant plus transparent dans la validation scientifique des organismes de formation afin d’éviter le conflit d’intérêt (avec les laboratoires pharmaceutiques notamment), en adaptant le budget alloué à l’organisme afin de rembourser correctement les professionnels formés et enfin en donnant la possibilité de contrôler de façon plus efficace l’obligation de formation annuelle de chaque personnel.

Ainsi les propositions évoquées sont vastes mais l’idée directrice semble être celle-ci : « Le nombre important de retouches à effectuer peut cependant conduire à s’interroger sur des simplifications plus radicales du système actuel. ». L’avenir du DPC ne semblerait donc pas être compromis mais sera émaillé de nombreux changements, reste à savoir quelles seront les orientations gouvernementales choisies sur la base de ces constats…

Croyez-vous en la pérennité de cette mesure de formation ? Avez-vous été face à ces difficultés techniques rencontrées lors des inscriptions ou des remboursements ? Peut-on, selon votre vécu professionnel, vraiment parler d’amélioration du système de formation continue infirmier ?