De 2022 à 2023, les infirmiers libéraux en attente d’une profonde évolution - Albus, l'appli des infirmiers

De 2022 à 2023, les infirmiers libéraux en attente d’une profonde évolution

Les infirmières et infirmiers libéraux se sont efforcés, tout au long de l’année, de commenter et débattre à propos de tous les sujets qui les concernaient. Un retour en arrière, qui laisse augurer une année 2023 riche et intense pour les professionnels de santé en général et les infirmiers libéraux en particulier. 

Comme chaque année, 2023 sera l’occasion de nouveautés et d’évolutions. La certification périodique pour les infirmiers libéraux et bien d’autres professionnels de santé sera obligatoire à partir du 1er janvier. Le second semestre verra la fin d’une époque, avec l’arrêt de la commercialisation des TLA Infirmier, …. Pourtant, tous les soignants, à l’hôpital comme en ville, attendent fébrilement les conclusions du CNR Santé. Le ministère de la Santé a en effet annoncé que ces débats devraient aboutir à une transformation profonde et durable de notre système de soins en France, et que les attentes et demandes de chacun seraient prises en compte. En attendant les résultats de cette vaste concertation, le moment est venu de regarder en arrière et de reprendre le fil de l’année passée, notamment à la lecture des nombreux commentaires, que vous avez pu laisser.

 

Les craintes de 2022 …. persistent en 2023

 

L’année 2022 devait marquer pour les infirmières libérales comme pour tous les autres soignants plus qu’un retour à la normale après deux années de crise sanitaire. Les professionnels libéraux de santé espéraient que 2022 constituent un véritable changement de paradigme avec une véritable prise de conscience de leurs problématiques. Les infirmières libérales portaient haut leurs revendications, et pourtant les premières semaines soulignèrent à quel point certaines choses apparaissent comme immuables et même appelées à ne jamais changer. N’est-ce pas dans les premières semaines de 2022, que l’on vit les hostilités entre les IDEL(s) d’un côté et les pharmaciens de l’autre regagner en intensité ? En assouplissant les conditions de vaccination des seconds, le gouvernement relançait un conflit déjà existant. Dans un commentaire, un IDEL soulignait « j’enregistre une baisse de 65% de vaccins anti grippaux depuis que les pharmaciens ont l’autorisation de vacciner. » Cette concurrence, jugée déloyale, était même renforcée après les propos de M. Pierre Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO)  “dans les textes, rien n’est écrit, ni que l’on peut le faire, ni que cela nous est interdit. Donc, dans le doute, on ne vaccine pas à domicile.”. Les IDEL(s) commençaient donc l’année avec cette menace (à peine voilée) de voir les pharmaciens vacciner les patients à leur domicile.

 

Avant même la sortie de l’hiver, les infirmières et infirmiers libéraux se mobilisaient pourtant pour porter ces revendications et bien d’autres et ainsi influencer les débats de la campagne présidentielle qui s’annonçait. Une plateforme participative était même ouverte et tous les IDEL(s) étaient invités à se mobiliser, d’autant plus que toutes les autres professions de santé prenaient eux-aussi la décision de « rentrer en campagne ».  Après la crise sanitaire du Covid-19, la Santé s’imposait (enfin) comme la priorité pour une grande majorité de Françaises et de Français. L’ordre des Infirmiers éditait même 66 propositions destinées à éclairer la vision de tous les candidats et candidates à cette élection suprême.

 

De la crise sanitaire à la crise économique, une année difficile pour les infirmiers libéraux 

 

Le sujet de la Santé était d’autant plus important, que d’autres problématiques venaient s’ajouter à celles déjà nombreuses soulevées par la crise sanitaire. Après le début de la guerre en Ukraine, la hausse (galopante) des prix du carburant effrayait les infirmières et infirmiers libéraux. Même le président de la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI), M. Daniel Guillerm s’alarmait : « Quand le prix des carburants augmente de 25%, (…) On ne peut pas répercuter ces augmentations sur nos tarifs et notre résultat diminue proportionnellement à cette hausse. (…). Nous redoutons que cela entraine des refus de soins pour les patients trop éloignés d’un cabinet infirmier. » Dans l’urgence, une aide était décidée pour permettre aux IDEL(s) de ne pas avoir à renoncer aux déplacements, même si vous étiez nombreuses à souligner l’insuffisance de celle-ci : « Cette aide est insuffisante, c’est un début. Comparativement avec les autres professionnels de santé, kinésithérapeute, médecin, orthophoniste, etc………nous avons le tarif le plus bas. Pourquoi ? Comment est calculé le déplacement ? Je n’ai jamais compris cette inégalité. Nous avons tous un véhicule plus ou moins identique, les prix de l’essence augmentent et le forfait kilométrique n’a pas bougé depuis 10 ans, voire plus…. »

Tous ces débats conduisirent notamment Emmanuel Macron, président de la République réélu, à faire de la Santé une des priorités de son second quinquennat. Quelques semaines après ces élections présidentielles puis législatives, le 9ème avenant à la convention nationale des infirmiers était signé (27 juillet) renforçant les prérogatives des infirmières en pratique avancée, dont la réalité du déploiement ne répondait pas aux ambitions clairement exprimées par les pouvoirs publics. Le nouveau ministre de la Santé et de la prévention (nommé le 4 juillet), M François Braun, affirmait haut et fort vouloir réformer en profondeur notre système de santé, en ignorant aucune des parties et se référant aux professionnels libéraux de santé en général et aux IDEL(s) en particulier. Un infirmier libéral résumait, par son commentaire, l’état d’esprit d’un grand nombre d’IDELs : « Tout est prévisible et l’effondrement ne fait que commencer si très vite on n’autorise pas l’accès direct aux IDELs ! Première force de soins en France Les Français le réclament…. et nous sommes prêts ». Les soignants étaient appelés à s’exprimer par le nouveau ministre de la Santé, un appel à l’origine du CNR Santé (Conseil National de la Refondation) lancé en octobre dernier. Les infirmiers libéraux exprimaient alors une multitude de demandes, parmi lesquelles une infirmière libérale insistait sur : « Augmenter réellement le prix de nos actes et arrêter de rabaisser nos compétences à celles des auxiliaires de vie et des aides-soignantes les compétences des généralistes ne sont jamais rabaissées à celles des ide »

L’ensemble de ces revendications laissent transparaître ce que toutes et tous dénoncent avec la plus grande force : le manque de reconnaissance, que certaines infirmières libérales n’hésitent pas à qualifier de « mépris pour la profession ». Ainsi, une infirmière libérale réagissait à un dossier consacré à l’éventualité d’une généralisation du BSI en 2023 « On se retrouve avec des patients à voir 2 fois par jour pour des soins de nursing pour 13euros /jour…. Nous ne sommes pas des bonnes sœurs !!! Nous avons donc décidé de ne plus prendre de nouveaux patients nécessitant 2 passages/jour, ça me désole !!! ». L’idée originelle du BSI avait été saluée au départ, alors qu’elle apparait vivement contestée aujourd’hui par les infirmières et infirmiers libéraux notamment, qui estiment n’avoir pas été entendus sur ce sujet si essentiel. Ce sujet comme tant d’autres, à commencer par l’expansion dangereuse des déserts médicaux (et non pas des déserts infirmiers qui n’existent pas) est débattu à l’occasion du CNR Santé. Cela devrait conduire le ministère de la santé à formuler des propositions concrètes pour l’avenir de la Santé publique en France, et le ministère rappelle avec force que ces évolutions concerneront aussi bien l’hôpital que les soins de ville et donc les infirmières et infirmiers libéraux. Pourtant certaines et certains n’y « croient plus », se rappelant avoir été trop souvent « trahis et méprisés » par le passé. Infirmière libérale depuis plus de 25 ans, une lectrice se sent ainsi dépassée et énervée de ce manque de considération en écrivant : « Que dois-je faire de tout ce que l’on nous a appris à l’école d’infirmière ? À savoir la compassion, l’abnégation, l’empathie, le bien être du patient. » Alors 2023 sera-t-elle un véritable nouveau départ pour les soignants en général et les infirmiers libéraux en particulier ? Ou va-t-on vivre une année comparable à celle qui s’achève et à tant d’autres ?

 

Attendez-vous réellement un véritable changement en 2023 ou craignez-vous que toutes ces promesses n’aboutissent à aucune décision concrète ? 

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