Depuis le décret n° 2020-1660 du 22 décembre 2020, l’infirmière libérale peut utiliser internet pour diffuser des informations professionnelles : site web, annuaires numériques, réseaux sociaux. L’article R4312-68-1 du code de la santé publique pose trois conditions cumulatives : la communication doit être loyale, honnête et non comparative. En dehors de ce cadre, les règles d’interdiction de publicité commerciale s’appliquent pleinement, quel que soit le support numérique utilisé.
🧠 À retenir
- Un site internet professionnel est autorisé à condition qu’il soit sobre, informatif et non comparatif (art. R4312-68-1 CSP).
- Les plateformes de mise en relation comme Doctolib ou Maiia sont légales pour une présence factuelle : nom, adresse, spécialités, disponibilités.
- Les réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, page Facebook professionnelle) sont autorisés dans le respect du secret médical et de l’interdiction de publicité.
- Le référencement payant (Google Ads, Meta Ads) est assimilé à de la publicité commerciale et donc interdit.
- Tout contenu identifiant un patient, même de manière indirecte, constitue une violation du secret médical sanctionnable pénalement et disciplinairement.
Ce qui est autorisé et ce qui est interdit sur internet
| Canal numérique | Statut | Conditions ou interdictions |
|---|---|---|
| Site internet professionnel sobre | Autorisé | Informations factuelles, loyales, non comparatives |
| Référencement naturel (SEO) | Autorisé | Via contenu informatif uniquement |
| Annuaires numériques (Doctolib, Maiia, Keldoc…) | Autorisé | Informations factuelles uniquement |
| Page Facebook ou LinkedIn professionnelle | Autorisé | Pas de promotion commerciale ni de témoignages patients |
| Référencement payant (Google Ads, Meta Ads) | Interdit | Assimilé à de la publicité commerciale (art. R4312-76 CSP) |
| Publication identifiant un patient | Interdit | Violation du secret médical (art. L1110-4 CSP), sanction pénale |
| Témoignages patients mis en avant | Interdit | Caractère promotionnel et atteinte potentielle à la confidentialité |
| Comparaison avec d’autres infirmières | Interdit | Communication comparative prohibée par l’art. R4312-68-1 CSP |
Les plateformes de mise en relation : visibilité légale pour les IDEL
Les plateformes numériques de santé (Doctolib, Maiia, Keldoc, Globule, Rofim) connectent patients et professionnels de santé et sont désormais incontournables pour les infirmières libérales cherchant à être trouvées en ligne. Leur utilisation est légale dès lors que les informations affichées restent factuelles : nom, numéro RPPS, adresse du cabinet, horaires, types de soins pratiqués et tarifs conventionnels. Aucun contenu promotionnel, aucun classement valorisant et aucun témoignage patient ne doit apparaître dans le profil.
Certaines plateformes proposent des options payantes d’amélioration de visibilité (mise en avant dans les résultats, badge “disponible”). Ces options soulèvent une question déontologique : sont-elles assimilables à de la publicité payante interdite ? L’ONI n’a pas tranché de façon définitive sur ce point. En cas de doute, il est prudent de s’en tenir aux fonctionnalités gratuites d’inscription et de consulter son conseil régional avant de souscrire une option payante de visibilité.
La création d’un site internet : une carte de visite 2.0 autorisée
Aucun texte n’interdit à l’infirmière libérale de créer un site internet professionnel. Depuis 2020, l’article R4312-68-1 le reconnaît explicitement comme un support de communication autorisé. Ce site peut présenter les compétences, le parcours professionnel, les conditions d’exercice, les horaires et les coordonnées du cabinet. Il peut également proposer du contenu informatif sur des thématiques de santé, à condition que ce contenu soit factuel et non personnalisé.
En revanche, plusieurs éléments sont à proscrire : les formulations valorisant les qualités personnelles de l’infirmière par rapport à ses consœurs, les témoignages de patients présentés comme preuves de qualité de soin, les comparatifs tarifaires avec d’autres cabinets, et tout appel à l’action à caractère commercial. Le référencement payant du site (Google Ads) est interdit car il constitue une forme d’achat de visibilité assimilée à de la publicité commerciale. Le référencement naturel (SEO) reste en revanche légal : il résulte du contenu informatif du site, pas d’un achat publicitaire.
Sur le plan pratique, un site simple avec les informations essentielles suffit. Des solutions comme Wix, Squarespace ou WordPress permettent de créer un site sobre sans compétences techniques particulières. L’adresse URL du site peut figurer sur les cartes de visite professionnelles et dans la signature des emails professionnels.
Les réseaux sociaux : un lien direct avec la patientèle, avec prudence
L’infirmière libérale peut être présente sur les réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, page Facebook professionnelle, compte Instagram professionnel sobre). Ces supports permettent de partager du contenu informatif sur des sujets de santé, d’annoncer des modifications d’horaires ou des fermetures temporaires du cabinet, et de maintenir un lien avec la patientèle.
La prudence s’impose sur deux points majeurs. D’abord, le secret médical : toute publication, photo, vidéo ou anecdote permettant d’identifier directement ou indirectement un patient constitue une violation de l’article L1110-4 du code de la santé publique, passible de sanctions pénales pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Ensuite, le caractère promotionnel : les publications ne doivent pas s’apparenter à de la publicité, même indirecte. Mettre en avant des avis positifs de patients, publier des contenus comparant ses tarifs à ceux de la concurrence ou utiliser des publicités sponsorisées sur Meta ou TikTok est interdit.
La distinction entre compte personnel et compte professionnel est essentielle. Le compte personnel reste une sphère privée mais l’infirmière y reste soumise au secret professionnel et à l’obligation de dignité déontologique. Un contenu public sur un compte personnel peut faire l’objet d’une plainte disciplinaire s’il porte atteinte à l’image de la profession.
Cet article fait partie du guide se faire connaître en tant qu’infirmière libérale.
Questions fréquentes sur la présence en ligne de l’infirmière libérale
Une infirmière libérale peut-elle avoir un site internet ?
Oui. Depuis le décret 2020-1660, l’article R4312-68-1 autorise explicitement la diffusion d’informations professionnelles sur internet. Le site doit être sobre, factuel, loyal et non comparatif. Il peut présenter les compétences, le parcours, les horaires et les conditions d’exercice. Le référencement payant (Google Ads) reste interdit.
Peut-on faire du référencement payant pour son cabinet infirmier ?
Non. L’achat de mots-clés publicitaires (Google Ads, Meta Ads) est assimilé à de la publicité commerciale, interdite par l’article R4312-76 du code de la santé publique. Le référencement naturel (SEO), qui résulte du contenu informatif du site, reste en revanche légal et sans risque disciplinaire.
Peut-on poster des photos de soins sur les réseaux sociaux ?
Uniquement si aucun patient n’est identifiable, directement ou indirectement. Toute publication permettant d’identifier un patient constitue une violation du secret médical (art. L1110-4 CSP), passible d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. En pratique, les photos de matériel ou de locaux sont moins risquées que les photos en situation de soin.
Les avis Google sur le cabinet d’une infirmière libérale sont-ils autorisés ?
L’infirmière libérale ne peut pas solliciter activement des avis de patients ni les mettre en avant dans sa communication. En revanche, elle ne peut pas non plus empêcher un patient de déposer un avis de façon spontanée. Solliciter des avis positifs ou les partager pour se promouvoir s’apparente à de la publicité et peut être sanctionné disciplinairement.
Quelle est la différence entre compte personnel et page professionnelle sur les réseaux sociaux ?
Une page professionnelle est dédiée à l’activité libérale et soumise aux règles déontologiques de communication. Un compte personnel relève de la sphère privée mais l’infirmière y reste soumise au secret professionnel et à l’obligation de dignité. Un contenu public sur un compte personnel peut faire l’objet d’une plainte disciplinaire s’il porte atteinte à l’image de la profession.




