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Choisir la forme juridique de son activité quand on devient infirmière libérale

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    La forme juridique est la première décision structurante d’une infirmière libérale. Elle conditionne le régime fiscal, les obligations sociales, les possibilités d’association et la responsabilité patrimoniale. En 2023, plus de 90 % des IDEL exercent en entreprise individuelle (DREES, 2024), mais d’autres structures permettent d’adapter l’exercice à un projet de cabinet de groupe ou de maison de santé.

    🧠 À retenir

    • L’entreprise individuelle (EI) est la forme la plus simple et la plus répandue chez les IDEL : pas de capital minimum, comptabilité allégée.
    • La SCM (Société Civile de Moyens) permet de partager les charges d’un cabinet sans exercice en commun.
    • La SCP (Société Civile Professionnelle) autorise l’exercice en commun entre infirmières libérales.
    • La SEL (Société d’Exercice Libéral) offre une séparation entre patrimoine personnel et professionnel.
    • La SISA est réservée aux maisons de santé pluriprofessionnelles et permet de facturer des actes coordonnés.
    • Quel que soit le statut choisi, la déclaration à l’URSSAF est obligatoire avant le premier acte.

    Les formes juridiques disponibles pour une infirmière libérale

    Forme juridique Exercice Responsabilité Cas d’usage
    Entreprise individuelle (EI) Solo Limitée au patrimoine pro depuis 2022 Installation simple, démarrage rapide
    SCM (Société Civile de Moyens) Partage de charges uniquement Indéfinie et solidaire Cabinet partagé, frais communs
    SCP (Société Civile Professionnelle) En commun Indéfinie et solidaire Association entre infirmières
    SEL (SELARL, SELAS…) En commun Limitée aux apports Protection patrimoniale renforcée
    SISA Pluriprofessionnel Limitée aux apports Maison de santé pluriprofessionnelle

    Pour une comparaison détaillée de chaque forme avec leurs avantages et inconvénients : les différents statuts juridiques de l’infirmière libérale.

    Choisir le statut juridique, la première décision de l’IDEL

    Depuis la loi du 14 février 2022 sur la protection du patrimoine des entrepreneurs individuels, l’entreprise individuelle offre désormais une séparation de plein droit entre patrimoine personnel et professionnel (Legifrance, loi n° 2022-172). Cette évolution majeure a renforcé l’attractivité de l’EI pour les IDEL qui souhaitent se protéger sans la complexité d’une société.

    Pour les projets d’exercice collectif, la SCM reste la structure la plus souple : elle permet de mutualiser le loyer, le matériel ou la secrétaire sans créer d’exercice en commun. Chaque infirmière conserve son numéro RPPS, sa patientèle et sa facturation propre. La SCP, plus contraignante, implique une mise en commun des honoraires et une responsabilité solidaire entre associées.

    La SEL (Société d’Exercice Libéral), sous ses différentes formes (SELARL, SELAS, SELAFA), s’adresse aux projets plus structurés avec plusieurs associées. Elle permet notamment d’optimiser la rémunération entre salaire de gérant et dividendes, sous réserve de respecter les conditions fixées par la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 relative aux sociétés d’exercice libéral.

    La déclaration de son activité, un passage obligé pour l’infirmière libérale

    Quelle que soit la forme juridique retenue, trois déclarations sont obligatoires avant le premier acte. La déclaration à l’URSSAF déclenche l’affiliation au régime social des travailleurs indépendants : pour 2025, les cotisations représentent environ 45 % du bénéfice net, incluant la retraite de base, la retraite complémentaire CARPIMKO et la prévoyance (URSSAF, 2025). L’inscription au tableau de l’Ordre National des Infirmiers est obligatoire depuis la loi du 21 décembre 2006. Enfin, l’adhésion à la convention nationale avec la CPAM conditionne le conventionnement en secteur 1 et la facturation des actes remboursables.

    Pour tout comprendre sur les cotisations et obligations déclaratives : URSSAF et infirmière libérale : déclarations et cotisations.

    Ce guide fait partie du dossier sur la façon de se faire connaître en tant qu’infirmière libérale et du dossier complet sur le statut d’indépendant pour les IDEL.

    Questions fréquentes sur la forme juridique de l’infirmière libérale

    Quelle forme juridique choisir quand on s’installe en tant qu’infirmière libérale ?

    Dans la grande majorité des cas, l’entreprise individuelle est le choix le plus adapté pour une première installation : pas de capital minimum, comptabilité simplifiée, protection du patrimoine personnel garantie depuis 2022. Les structures sociétaires (SCM, SCP, SEL) sont à envisager uniquement en cas d’exercice collectif ou de projet patrimonial spécifique.

    Quelle est la différence entre une SCM et une SCP pour les infirmières libérales ?

    La SCM (Société Civile de Moyens) mutualise uniquement les charges (loyer, matériel, secrétariat) sans mise en commun des honoraires : chaque associée conserve sa patientèle et facture indépendamment. La SCP (Société Civile Professionnelle) implique un exercice en commun avec partage des bénéfices et responsabilité solidaire entre associées.

    Peut-on changer de forme juridique après l’installation ?

    Oui. Un passage de l’entreprise individuelle vers une société (SCP, SEL) est possible, mais implique des formalités : création de la société, apport de la clientèle, nouvelles déclarations auprès de l’URSSAF et de l’ONI. Ce changement a des conséquences fiscales et sociales qui nécessitent l’accompagnement d’un expert-comptable spécialisé en professions libérales de santé.

    La SISA est-elle accessible à toutes les infirmières libérales ?

    Non. La SISA est réservée aux professionnels de santé exerçant au sein d’une maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) disposant d’un projet de santé validé par l’ARS. Elle permet de facturer des actes de coordination (protocoles pluriprofessionnels, NMR) en plus des actes individuels. En 2023, on comptait environ 2 800 MSP en France (Ministère de la Santé, 2024).

    Faut-il un expert-comptable pour choisir sa forme juridique ?

    Ce n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé pour tout projet autre que l’entreprise individuelle simple. Un expert-comptable spécialisé en professions libérales de santé peut modéliser l’impact fiscal et social de chaque option selon le niveau de revenus anticipé, et accompagner les formalités de création de société.

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